lundi 30 juillet 2012

Stand High Patrol - Midnight Walkers

http://www.radiocampusangers.com/wp-content/uploads/2012/02/stand-high-patrol-midnight-walkers.jpg

http://standhighpatrol.com

https://www.myspace.com/standhighsoundsystem


Origine du Groupe : France
Style : Rub a Dub , Reggae 8-Bits
Sortie : 2012


Par Niz pour http://www.nizetch.fr

Stand High a sortit un nouvel album "Midnight Walkers", analyse :

Je ne pense pas nécessaire de faire une présentation du Stand High Crew, mais au cas ou vous ayez hiberné pendant quelques années ou que vous reveniez du futur pour lire cet article, je vais m’y coller.
Stand High, c’est 3 membres MAC Gyver , Rootystep et bien sûr Pupajim le MC. C’est d’ailleurs par la voix de Pupajim et ce style si particulier entre toast et rubadub qu’est né le « dubadub » [1] style si cher au crew breton. Pupajim qui est, d’ailleurs, plébiscité par le public à même l’honneur d’être joué sur certaines radios dont Radio Nova et apparaît comme le moteur visible du crew. Mais Stand High c’est aussi et surtout une bande de déchaînés, toujours prêt à « pull-uper » [2] une tune et mettre le feu à une soirée qui s’enfonce dans la moiteur de la nuit. Stand High c’est aussi un « sound system » sans sono… les représentants les plus emblématique de la nouvelle scène, celle des djeuns avec des casquettes américaine avec l’étiquette encore collée dessus, des blousons de ski en plastique bleu fluo des années 80, des lunettes à la P. Manœuvre, des grosses envie de jumper à la moindre tune; c’est une scène qui attire un nouveau public, pas forcément attaché aux valeurs originelles du dub, mais plus à faire la fête à fond, a kiffer le son et les grosses basses; un public plus orienté club...

Pour finir Stand High c’est 10 ans à poser du son en soirée et cinq maxi: “Business of War”, “Hey Georges”, “Dubadub Definition”, “Amplifier” et “Mr Bossman”; Tous ou presque sont sold out et maintenant Stand High c'est un album : “Midnight Walkers”.

Ce nouvel album qui est disponible depuis la fin janvier en LP/CD et digital semble être un nouveau commencement pour les Bretons qui après avoir pas mal écumé les sound systèmes français ont voulu poser du contenu en studio. Le crew a des influences plus que nombreuses et diverses; bien sûr le dub des origines mais aussi la new wave, la bass music au sens général et même une petite dose de hip-hop. Ce melting pot d'influences a pour conséquence de proposer une musique qui n'a plus grand chose à voir avec le dub au sens stricto senso même si on retrouve un esprit de défricheurs et de bidouilleurs...
Assez proche du label allemand Jahtari ils creusent le même sillon d’une musique aux influences dub en proposant une version différente du reggae. Jahtari et disrupt l’on fait par leur approche « chip-tune » les Stand High emboîtent le pas avec des influences plus new wave parfumées au dub a dub.
Ils chamboulent les codes d’une musique souvent enfermée dans des lyrics militant où le rasta que nous ne somme pas tous, ne se reconnaît pas forcément. Attention, nous ne disons pas que les Stand High n’ont rien à dire que leurs lyrics sont tous légers. Certes par moment, l’ambiance est bonne enfant et le fond des textes n’est pas très profond. Ils racontent plus facilement leur "légende" et leurs soirées que la souffrance du monde. C'est une question de point de vue. Cependant certains morceaux marient avec brio une musicalité moderne, convaincante et un texte traitant d’actualité : « Boat People » par exemple qui fait le constat d’une certaine dissymétrie de traitement aux frontières en riches et pauvres. Le coté assez léger de certains textes comme le « The Bar » nous rappellera, un autre groupe français qui utilisait aussi le dub a dub avec brio mais en occitan, je veux bien évidement parler des Massilia Sound System qui dans leurs textes revendiquent une envie démesurée de mettre le oaï ! Une vision de la fête que, je pense, partagent les brestois nous le verrons plus loin dans l'album. Quoi qu'il en soit au niveau des lyrics, on a systématiquement le droit à des instrumentaux efficaces, léchés à la perfection pour proposer toujours une musique entraînante et novatrice.

Plus loin dans l'album, on retrouve avec un peu de surprise deux morceaux très hip-hop old school. On ne connaissait pas les Stand High dans ce registre mais « Muskateer Sword » et « Home made » aux intrus minimalistes et aux textes auto-centrés parlent du crew, de leurs aventures… on y retrouvera des influences ou des clins d’œil au Hip-Hop américain de l’époque de Grand Master Flash et du courant de la fin des années 80… assez déconcertant mais très bien réalisé.

Le disque avance et le meilleur arrive avec des tunes digitales comme savent si bien le faire les Stand High : « The Big Tree » un ôde à un arbre, est un sublime morceau introduit en accapella pour une montée en puissance ou le flow aiguisé de Pupajim rebondit sur le riddim digital. Dans « Dub it » et « Holiday today » on sent l’ambiance des soirées « dubadub residance » du Vauban avec des morceaux entre dub steppa et électro avec une pointe de new wave; synthétiques, percussifs, répétitifs, et dansants, ils revigorent cette fin d’album. On enchaîne par « Speaker Box », un mix qui gratte, dirty style, découpé sur un riddim steppa militaire avec une basse pachydermique puis vient « Automatic Attack » expérimentation sonore qui finit sur une explosion très clubbing…

On ne pouvait pas en attendre moins des Stand High, ils produisent une musique étiquetée dub mais n’en ont plus (ou pas) la fibre… j’entends déjà les vieux de la vieille crier au scandale : "De mon temps le dub c'était différent". "On sait, ils sont comme ça, les jeunes de nos nos jours, ils se jouent des codes et ne respectent plus rien". Certes pas besoin d’être rasta et d’avoir des dreads pour kiffer et faire cette musique les Stand High l’ont bien compris. Par contre le dub est mis de coté, l'utilisation d’effets est minimale, les codes du genre sont très discrets et à notre avis le crew fait un pas de plus vers une musique de club. On retrouve les Stand High dans une position assez ambiguë à la limite schizo, entre dub et club, tunes posées et travaillées et tunes orientées dancefloor, une production entre prod de sound et album studio. Ça resemble au début d'une transition, ou les bretons tenterons de maintenir leur public de base avec des maxis vinyls plus sérieux du genre de Frequencies que Pupajim avait fait avec King Midas et tenterons de convaincre un public moins acquis au milieu du dub; beau pari...
Au final l'album est très dansant et va fédérer les dubbers et les clubbers sur certains morceaux, plaire aux amateurs de nouveaux sons ainsi qu’aux aficionados du crew; mais en tout les cas il va cartonner, c'est sur tout simplement parce que les Stand High sont une machine à tube !


Tracklist :   
01 - Commando
02 - Brest bay
03 - Boat people
04 - The bar
05 - Midnight walkers
06 - Entertainer
07 - Muskateer sword
08 - The big tree
09 - Home made
10 - Dub it
11 - Holiday today
12 - Speaker box
13 - Automatic attack

 

LINKS REMOVE LABEL RECORDS REQUEST

 

 

3gd - музыка не для продажи

http://respecta.net/uploads/posts/2012-01/thumbs/1327585631_cover.jpg

http://soundcloud.com/3dg


Origine du Groupe : Russia
Style : Abstract Hip Hop
Sortie : 2012


From http://respecta.net

И так представляю вашему внимаю не коммерческий московский подземный проект free drugs generation. Сборник содержит довольно таки не плохие треки, разные по стилю (abstract hip-hop, trip-hop, IDM, downtempo, instrumental hip-hop, lounge, underground hip-hop).
З.Ы.Сборник сделан моими руками(создание сего бутлега согласовано с автором сих музыкальных композиций), ковёр решилделать без котэ.


Tracklist :   
01 24
02 And we rule the Catworld
03 Fluently
04 Go Go Friday!
05 Identiphobia
06 It's the rules
07 It's Your Move
08 Must Go On
09 My Acidjazzed Cat's Night Purr
10 Overing
11 Radio 24-7
12 Swallow Me
13 To Astronauts

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Moriarty : Before Dylan (FULL LIVE CONCERT)

http://www.thealmightyoracle.info/wordpress/wp-content/uploads/2008/12/moriarty_live.jpg

http://www.moriartyland.net


Origine du Groupe : France , North America
Style : Alternative Folk
Sortie : 2012
Durée 01:46:55


Par http://liveweb.arte.tv

À propos du roman de Jack Kerouac, Bob Dylan aurait dit « J’ai lu On the Road vers 1959. Ça a changé ma vie comme ça a changé la vie de tout le monde ». Dans le livre, bible de ce que Kerouac nomma la Beat Generation, on retrouve le personnage de Dean Moriarty, nom que l’auteur a attribué dans l’ouvrage à son ami Neal Cassady. C’est ce personnage, et pas le redoutable ennemi de Sherlock Holmes, qui a donné son nom au groupe franco-américain.

Voilà pour la Généalogie. Ou l’origine, la référence commune, plutôt : la route, l’errance, la liberté comme aspirations ultime. Au risque de tout y sacrifier.

Cette liberté, fil rouge de la carrière de Bob Dylan, on la retrouve chez Moriarty, dans son refus de ne pas suivre les sentiers balisés, d’incorporer à leur folk rock des instruments (xylophone, kazoo), voire des outils (cuillères, perceuses…) incongrus, comme dans se choix de s’investir dans des projets en marge (la bande originale de La Véritable Histoire du Chat Botté de Jérôme Deschamps et Macha Makaieff).

Au cours de ce concert hommage, Moriarty va s’intéresser surtout s’intéresser à ce qui a précédé Bob Dylan, toute la tradition de la protest song américaine : Hank Williams, Blind Lemon Jefferson, Leadbelly… et bien évidemment Woody Guthrie.

hd dvd rw

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Lotus - Hammerstrike

http://funkyimg.com/u2/734/577/2.jpg

http://www.lotusvibes.com


Origine du Groupe : North America
Style : Instrumental Rock , Electro Rock
Sortie : 2008


By Big Takeover from Djouls.com

Lotus formed at a Mennonite college that had banned on-campus dancing as late as the 1980's, and has been creatively fusing electronic dance music with instrumental post-rock for the past eight years. Armed with a massive light rig and one of the most energetic shows on the circuit, Lotus was a go-to act for late night festival slots this past summer, performing at ROTHBURY, Summerfest, Camp Bisco, and others. Also in 2008, Lotus saw advance sellouts in venues throughout the U.S. including Mr. Smalls in Pittsburgh, two nights at World Café Live in Philadelphia, two nights at the Fox Theatre in Boulder, Higher Ground in Burlington, Kinetic Playground in Chicago. The band's remix album, Copy Paste Repeat: Lotus Remixed was released to critical acclaim, and came on the heels of their double live CD release, Escaping Sargasso Sea.

Hammerstrike finds the band reaching back in order to move forward. Primarily recorded live in one room to analog tape by Bill Moriarty (Dr. Dog, Man Man), the album captures a sound that harkens back to the 70's but never slips into nostalgic retreads. The compositions are focused and melodic, filled out with orchestration including swelling violins and cellos, banjo, wordless choirs, and electronic noises. Though the tracks range from dance floor ready rockers to soaring post-rock instrumentals, the album is held together by a sanguine spirit pervading each track. The big guitars, feedback, and distortion serve an optimistic purpose. It is a decidedly American feel that invokes big skies, open roads, and a zealous yet naïve pursuit of the idea that defeat will never be conceded. What critics have been saying about Lotus:
"... simultaneously making waves on the jam, indie and electronica scenes thanks to a series of well-crafted albums." - Relix
"Lotus continue to expand upon its post-everything rock/electronic/jazz/free-form pastiche." - Big Shot Magazine
"...intent on creating a new genre (few try that these days)...it is rock, and smart disco, funk and soul, piano pop, world music, and modern alienation stuff and jazz fusion you can dance to all wrapped up in cellophane."


Tracklist :   
01. Behind Midwest Storefronts
02. Age of Inexperience
03. Hammerstrike
04. Bellwether
05. Modicum
06. Invincibility of Youth
07. One Last Hurrah
08. Alkaline
09. Turquoise
10. Disappear In A Blood-Red Sky

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Haytham Safia - U'D

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEildwsIV8DKrZFMxu6yBU0CD7zdC5E5PgOIZuUh1wtGGs9qgPyiWoKj6YpeRPSED7DDVwv2iDN4MTwiku2SvW8CGqtciYah7plquTr6OpwFJqjB0M5QyetczNT5rNlI23f1gJir3J9D1gE/s320/Haytham+Safia+Cover%28U%27d-CD%29.jpg

http://www.haythamsafia.com
https://www.myspace.com/haythamsafia


Origine du Groupe : Nederlands
Style : World Music
Sortie : 2004


From Official Site :

Haytham Safia (1980) is from Kafr Yasif, in the Galilee of the Holy Land, his passion for the U’d starts at an early stage. In 2001 he makes his debut as a performer in The Netherlands, where he acquires a firm position in the musical ensemble accompanying the Galili Dance Group: they tour through Europe. In 2002 he graduates with distinction at the Academy of Music and Dance in Jerusalem. In February 2004 he plays as a soloist with the Holland Symphonia in the Concertgebouw in Amsterdam. Haytham Safia is in essence a classical Arabic musician, but his compositions and music are influenced by other musical styles such as Persian, Balkanian and jazz music.


Tracklist :   
1. A'gam (4:43)
2. Rast (5:46)
3. Nahawand (9:15)
4. Biat (5:27)
5. Huzam (5:41)
6. Saba (5:34)
7. H'igaz (6:06)

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dimanche 29 juillet 2012

Jedi Mind Tricks - The Psycho-Social

http://ecx.images-amazon.com/images/I/417XZ5PyjgL._SL500_AA300_.jpg

http://www.jmthiphop.com
https://www.myspace.com/jedimindtricks


Origine du Groupe : North America
Style : Hip Hop
Sortie : 2002


By Dalton Higgins from  http://www.amazon.com

If you’re into raps about worldly things like 9-to-5 jobs, male-female relations, and platinum pinky rings, you might want to click over to another album. Jedi Mind Tricks--Ikon the Verbal Hologram and Stoupe the Enemy of Mankind--flip bushels of out-there, sci-fi rhymes on this experimental and sinister underground favorite from 1997. Certainly, tales of Illuminati-esque government conspiracies, alien experiments, and other stratospherical explorations have never sounded so unique, aided here by ominous violins and creepy operatic squeals. "I Who Have Nothing" (complete with Shirley Bassey sample) should get votes for being one of the most depressing songs of all time; however, for folks blunted into Top 40 submission, it may well have the opposite effect. On the other hand, JMT’s heavy use of religious references and plodding lo-tech beats is not for everyone. Borderline geniuses or Star Trek geeks gone mad? The choice is yours.


Product Description

The Psycho-Social CD is the cult classic pre-quel to Jedi Mind Tricks "Violent by Design" album.

Described by The Source Magazine as "Ahead of its time" and by CMJ as "A must own for anyone who cares about hip-hop culture," The Psycho-Social CD is a must own.


Tracklist :   
01. Life Is (7:22)
02. Over You (5:36)
03. Nothing To Be Afraid Of (6:16)
04. Rumble (6:48)
05. Ease The Pain (4:42)
06. Pyroclastic (6:28)
07. Lullaby (4:17)
08. Call Her Name (6:53)
09. Check 4 Zero (7:13)
10. Epilogue (2:22)
11. Been Thinkin' (5:21)

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Boom Devil - Rumble

http://www.israbox.com/uploads/posts/2011-02/1297059997_400.jpg

http://www.boomdevilrecords.com
https://www.myspace.com/boomdevil


Origine du Groupe : U.K
Style : Trip Hop , Abstract Electro , Drum & Bass , Ambient
Sortie : 2000


From Official Site :

During the 1990's producer and guitarist Mark Hawkes collaborated with producer (Dub Maestro) Syd Crossley to form 'Boom Devil'.

Coming from different musical backgrounds helped to define a sound that is unique only to them. Over the years they teamed up with a variety of different vocalists to arrive at their debut album 'Rumble'.

These include the wonderful 'Christine Leach' ( Baby Fox , William Orbit and co-writer of 'Ray of Light' for Madonna ), the sensuous 'Nina Perry' and 'Gez Scott'.

The sound has a cinematic feel with a hint of 70's B- movies and ranges from laid back to up tempo. The title track of the album 'Rumble' achieved much acclaim on the club scene and the album was featured and loved by the late and great 'John Peel' on his radio show.

Feel free to give some of the tracks a listen and if you require any further information then please go to the contact page and get in touch.


Tracklist :   
01. Life Is (7:22)
02. Over You (5:36)
03. Nothing To Be Afraid Of (6:16)
04. Rumble (6:48)
05. Ease The Pain (4:42)
06. Pyroclastic (6:28)
07. Lullaby (4:17)
08. Call Her Name (6:53)
09. Check 4 Zero (7:13)
10. Epilogue (2:22)
11. Been Thinkin' (5:21)

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Zeb - Stop the Earth, I Want to Get

http://ecx.images-amazon.com/images/I/418GsLJurQL._SL500_AA300_.jpg

http://www.last.fm/music/Zeb


Origine du Groupe : North America
Style : Alternative Fusion  , Dub , Downtempo , Breaks
Sortie : 2007


By Sofalofa from http://www.amazon.com

I've been looking forward to Zeb's new one, having enjoyed "The End of Beginnings" and "Jesterized". This one has more of an Arabic/World flavor than previous releases, but the same infectious beats one would expect. Its clear from listening to this that Zeb spends a lot of time on these tracks - there are a lot of layers and lots going on. This is the kind of release that remains engaging over time. The cover art is a little lame though!


Tracklist :   
01 Monia (05:11)
02 Revolutionary Dreams (04:18)
03 Afro Disco (06:56)
04 No Matter What They Say (05:22)
05 Bauls Of New York (05:34)
06 Mashallah (04:16)
07 Felakesh (06:00)
08 Disco Patel (07:06)
09 Para Fugir (05:19)
10 Petro (05:28)
11 My Own Boat (05:38)
12 Skunkaliscious (04:11)
13 Opium (04:19)

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Lettuce - Outta Here

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41GAFN6X9XL._SL500_AA300_.jpg

http://www.royalfamilyrecords.com/lettuce
https://www.myspace.com/lettucefunk


Origine du Groupe : North America
Style : Jazz Funk
Sortie : 2002


By Chris Walker    from http://jazztimes.com

Like Karl Denson's Tiny Universe, Lettuce presents nonstop boogaloo funk/jazz. The hard-jamming band is an outgrowth of friendships dating back to high school and Berklee's summer program 10 years ago. During that era Lettuce jammed incessantly and, according to its folklore, the band often showed up around the Boston area not having instruments or a gig. The group was always asking, "Let us use your instruments, let us jam and let us crash here"-thus the name. Now with plenty of working experience, tighter chops and help from friends such as guitarist John Scofield (Lettuce drummer Adam Deitch is in his band) and legendary trombonist Fred Wesley, among others, Lettuce reunited to rekindle the spark from its early days.

Energy overflows on Outta Here, especially on the title track and "Nyack," which are laden with blazing brass. The funked-out jazz that this band of 25-year-olds produces is unrelenting, and the group's impressive cohesiveness is the CD's major attribute. Originality, on the other hand though, is pretty much nonexistent. The groves are primarily retro-styled compositions or covers that unabashedly draw from the '70s rocking/soul inroads of Herbie Hancock, Tower of Power, Rufus and the grand master, James Brown. Prime examples are "Superfred," featuring Wesley doing a take on Brown's "Call Me Super Bad," and "Twisted," highlighted by guest vocalist Toni Smith that's Chaka Khan and Rufus personified.

If the sounds and styles of Outta Here are new to you, you'll probably be partying down; if not, you'll likely be saying "I'm outta here."


Tracklist :   
1. Outta Here (Deitch) — 4:52
2. The Dump (Soul Vibrations) — 3:51
3. Squadlive (Haynes, Kelly, Smirnoff) — 3:57
4. Back in Effect (Lettuce) — 5:36
5. Twisted (Lettuce, Smith) — 5:15
6. Superfred (Lettuce) — 3:58
7. Reunion (Lettuce) — 5:45
8. The Flu (Coomes, Smirnoff) — 6:20
9. Nyack (Deitch, Krasno) — 4:10
10. Hang Up Your Hangups (Hancock) — 6:59
11. Nyack [live] (Deitch, Krasno) — 13:26

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Radar Men From The Moon - Intergalactic Dada & Space Trombones

http://f0.bcbits.com/z/38/86/3886830067-1.jpg

 

http://www.radarmenfromthemoon.nl
http://www.myspace.com/radarmenfromthemoonnl


Origine du Groupe : Nederlands
Style : Psychedelic Rock , Stoner Rock , Instrumental
Sortie : 2011


By Robin   from http://stonerobixxx.blogspot.fr

'Radar Men From The Moon': an old scifi b-movie & a fresh space rock band from the Netherlands. I originally found this gem through a site called prog-sphere.com, they have an excellent selection of Bandcamp picks over there (from indie to space & stoner rock), check it out.

With Radar Men From The Moon they had me on 'instrumental space/post/stoner rock'. Something that describes this Dutch band perfectly. We all know by now what to expect when it comes to the Netherlands & space rock (35007, Gomer Pyle, Het Droste Effect, Astrosoniq, Mother-Unit,..), these guys are no exception. Intergalactic Dada & Space Trombones is RMFTM's debut album & a highly impressive one in it's kind. A laid-back, fuzzy, warm, hypnotic & intergalactic trip, any fan of space/ psychedelic/ desert rock should give it a chance!

I'm still surprised these guys are so hidden, decided to give their wonderful tunes some exposure on here (and special thanks to the Radar Men for the sweet review copy). So here it is for all to hear, a 46 minute treasure of jammin' space rock, get this & spread the word!


Tracklist :   
1. Space Colonists (9:32)
2. The Wire (9:22)
3. Intergalactic Dada & Space Trombones (9:46)
4. The People Who Stay On The Earth Will Explode (9:17)
5. Moonjuice (8:38)

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NAME YOUR PRICE

Mr.KiD - Fragments

http://f0.bcbits.com/z/32/30/3230734353-1.jpg

http://mrkid.bandcamp.com
http://mrkid.promodj.ru


Origine du Groupe : Russia
Style : Abstract Hip Hop , Beatmaker
Sortie : 2012


Pour http://promodj.com/mrkid

J'aime le son chaud du jazz, son humeur, sa philosophie.

Je suis en train d'écrire la musique, qui est basé sur - un jazz / hip-hop.

Le désir de bien faire face à tout cela il n'y avait pas si longtemps - il ya un an.

La base de la quantité - des échantillons de jazz, soulovyh, blues, etc musiciens.


Tracklist :
01. Mr.KiD - Your Eyes
02. Mr.KiD - Getting Over You
03. Mr.KiD - Rendezvous
04. Mr.KiD - Romance
05. Mr.KiD - I Get High
06. Mr.KiD - Don't Cry
07. Mr.KiD - Dreams Of Paris
08. Mr.KiD - Interlude
09. Mr.KiD - Alone
10. Mr.KiD - Sex Appeal
11. Mr.KiD - Depression
12. Mr.KiD - I Believe
13. Mr.KiD - Sometimes
14. Mr.KiD - Every Day
15. Mr.KiD - My Only Love

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mardi 24 juillet 2012

Fukushima : limites anthropologiques à la complexité et risque d'effondrement sociétal

 Pour http://uab.academia.edu English Version Fukushima : limites anthropologiques à la complexité et risque d'effondrement sociétalDossier N°12 : Fukushima, fin de l’Anthropocène ? Entropia - ISSN 1954-2437 ( http://www.entropia-la-revue.org )
François Diaz Maurin *
 *Ancien ingénieur de l'industrie nucléaire en France et aux Etats-Unis. Chercheur à l'Institut des Sciences et  Technologies  Environnementales (ICTA), Université Autonome  de Barcelone, Espagne.  –  Contact :Francois.Diaz@uab.cat
Anthropocène, complexité et énergie
L'Anthropocène, c'est l'ère de l'appropriation grandissante par l'homme de l'ensemble dusystème terrestre et de ses attributs à l’œuvre depuis la révolution industrielle à la fin du XVIIIème siècle. Mais l'Anthropocène c'est aussi l'ère de la complexification de la société ausens culturel du terme. Selon l'historien et anthropologue américain Joseph Tainter (1988) la complexité culturelle d'une société se mesure par sa différentiation structurelle etorganisationnelle présentant plus d'éléments constitutifs (par exemple, de nouvellesinstitutions) et/ou plus de types d'éléments constitutifs (par exemple, de nouvelles fonction sau sein d'institutions existantes). Dans la vision progressiste du développement des civilisations, le processus decomplexification est souvent considéré comme intentionnel, c'est-à-dire comme étant lerésultat de l'imagination de nos ancêtres et plus ou moins facilité par les circonstances dumoment (Tainter, 2011). Selon cette même vision progressiste, la complexification de la société a lieu par ce qu'elle le peut. De la même façon qu'une jeune pousse émerge de la terre lorsque toute les conditions de température, d'humidité, de nutriments et de rayonnement solaire sont réunies, la complexification de la société devient possible lorsque de plus grandes quantités de ressources naturelles sont disponibles et que le surplus énergétique (quantité d'énergie délivrée à la société par le secteur de production d'énergie et dissipée ensuite au seindes autres secteurs) croît. La vision progressiste établit ainsi une relation linéaire de cause à effet entre énergie et complexité, considérant la première comme précédant la seconde et lui permettant d'émerger . Pourtant, de nombreuses civilisations avant nous, comme la Rome Antique ou la Mésopotamie Ancienne, ont bénéficié d'un niveau d'organisation structurelle – et donc d'une complexité – relativement avancé (Tainter, 1988). Ces mêmes civilisations n'ont pour autant jamais bénéficié d'un surplus énergétique aussi important que celui dont notre « civilisation à haute énergie » (Smil, 2004) bénéfice depuis deux siècles. L'ère de l'Anthropocène représente à ce titre une période unique – et très courte – dans l'histoire de l'humanité. La relation linéaire de cause à effet entre énergie et complexité n'est donc pas suffisante pour expliquer le développement des civilisations anciennes . Pour comprendre toute l'ambiguïté de cette relation entre énergie et complexité, il faut d'abord étudier le rôle essentiel que joue la complexité dans la durabilité d'une société. Selon Tainter (1988, 2004, 2011), qui a fait de cette question l'une de ses principales lignes de recherche, la complexité est un outil fondamental de résolution des problèmes rencontrés par une société etqui se dressent comme obstacles à son désir de continuité. Confrontée à de tels problèmes, la société développe alors de nouvelles technologies et institutions, ou ajoute des éléments constitutifs supplémentaires à celles déjà existantes, menant logiquement à sa complexification. La durabilité d'une civilisation dépend ainsi de sa capacité à résoudre les problèmes qu'elle rencontre à l'aide de ce processus de complexification tout en étant capable d'en absorber les contraintes (coûts financiers, énergétiques, etc.) . La relation entre énergie et complexité apparaît alors comme étant auto-catalytique, c'est-à-dire que la présence d'un surplus d'énergie permet à la complexité d'émerger (vision progressiste), complexité qui en retour produit de nouveaux types de problèmes qui n'existaient pas auparavant. Or, résoudre de tels problèmes requière une complexification supplémentaire de la société et donc un surplus d'énergie d'autant plus grand. Energie etcomplexité sont ainsi imbriquées dans une relation de causalité à double sens (réciprocité) . L'existence d'un surplus d'énergie étant une condition sine qua non à l'émergence de la complexité, celui-ci joue donc le rôle de contrainte limitative à cette relation de réciprocité et donc in fine à l'évolution d'une société complexe. Ce point, pourtant essentiel, n'est pastoujours bien compris dans les discussions ayant trait à la durabilité. Cela vient du fait quevivre à l'ère de l'Anthropocène où l'énergie est à la fois bon marché et abondante nous donne l'impression (biaisée) que ce surplus d'énergie est quelque chose de tout à fait normal et d'immuable. Rappelons-nous toutefois que ces périodes d'abondance énergétique ont été à la fois rares et de courte durée à l'échelle de l'histoire de l'humanité. Or , notre civilisation s'apprête à devoir affronter une double contrainte qui menace sa durabilité : la multiplication grandissante – et évidente – des problèmes et une crise énergétique globale réduisant sacapacité à résoudre ces problèmes. Fukushima, complexité et énergie nucléaire Dans ce contexte de l'Anthropocène, l'énergie nucléaire est de loin le système de générationd'énergie le plus complexe jamais conçu par l'homme. Il tient sa complexité de la naturemême de cette source d'énergie à la fois très diluée à l'état primaire (minerai d'uranium) et trèsconcentrée lors de la génération des vecteurs énergétiques (chaleur puis électricité) directement utilisable par la société. Toute la difficulté de la production d'électricité à l'aide del'énergie nucléaire (fission) réside alors dans deux tâches suivantes : la concentration del'uranium depuis son état naturel à son état de combustible (processus amonts de production du combustible) suivis du contrôle de cette énergie fortement concentrée (centrale nucléaire et processus avals de gestion des déchets). Ces deux étapes impliquent la multiplication des processus industriels, des capitaux (financiers, humains et matériels), des décisions, et de laconnaissance scientifique indispensables pour faire fonctionner ce système énergétique. A titre de comparaison, l'exploitation des énergies renouvelables (rayonnement solaire, vent,marrées, etc.) qui sont également très diluées à l'état primaire ne requièrent que des efforts deconcentration de façon à obtenir un vecteur énergétique (électricité) directement utilisable par la société, ce qui leur donne un avantage considérable par rapport à l'énergie nucléaire enterme de compétitivité biophysique (basée sur des données énergétiques et physique, et non pas sur des données monétaires comme c'est le cas des études économétriques conventionnelles). L'énergie nucléaire est sans doute la source primaire d'énergie qui illustre le mieux l'ère hautement complexe qu'est l'Anthropocène. Cependant, comme tout système complexe, l'énergie nucléaire est également un système fragile comme récemment illustré par les accidents de Fukushima. Le 11 mars 2011, un violent séisme suivi d'un fort tsunami s’abattaient sur la côte Est du Japon mettant en péril 4 des 6 unités appartenant au site de production d'électricité de Fukushima-Daiichi. Plus précisément, ce sont trois cœurs de réacteur qui sont entrés en fusion partielle, ainsi qu'une piscine de stockage de combustible usagés d'un autre réacteur qui a subi un incendie (1) . L'ensemble de ces événements a obligé les autorités japonaises à classer la catastrophe nucléaire d'accident majeur – le niveau maximum sur l'échelle de l'INES (niveau7) – toutefois plus d'un mois après le début des accidents. Il a d'ailleurs été largement admis que la gestion de la catastrophe nucléaire a démontré d'importantes lacunes que ce soit de la part de l'exploitant de la centrale TEPCO, des autorités japonaises ou de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (Brumfiel, 2011a) dont la principale conséquence a été le manque d'informations – parfois retenues intentionnellement (Taira et Hatoyama, 2011) – au sujet de l'état des réacteurs, de la situation sanitaire et de la radioactivité à l'échelle locale et globale. Cette mauvaise gestion de crise montre également la fragilité de ce système dont les enjeux et conséquences sont pourtant globaux . Pour prendre la mesure de la gravité de la catastrophe, il ne suffit pas de regarder les conséquences immédiates des accidents (radioactivité dans l'air et évacuation des populations) – qui ne sont que la partie emmergée de l'iceberg – mais bel et bien l'ensemble desconséquences sanitaires, économiques et sociales que ces accidents auront à long terme. Pour rendre la situation encore plus dramatique, les accidents ne peuvent pas encore à ce jour – l'article a été écrit en décembre 2011, soit près d'un an après le début des accidents – êtreconsidérés comme techniquement terminés et resteront actifs tant que les réacteurs ne seront pas complètement refroidis, ce qui est normalement prévu pour le début de l'année 2012 (Brumfiel, 2011b). Compte tenu de l'ampleur de la catastrophe nucléaire de Fukushima, on est en droit – et même dans le devoir – de s'interroger sur les raisons d'une telle catastrophe. Qu'a-t-il permis la perte totale de contrôle sur ces centrales et qui en porte la véritable responsabilité ? Ces questions sont d'autant plus importantes puisqu'elles concernent la viabilité et la désirabilité de l'énergie nucléaire qui entend être une source d'énergie alternative dans un contexte de crise globale del'énergie. Pour répondre à cette question, je propose de discuter deux aspects : les phénomènes naturels qui ont provoqué les accidents de Fukushima et les méthodes employées pour estimer les risques liés à ces phénomènes. A l'origine de la catastrophe nucléaire de Fukushima, il y a deux phénomènes naturels : un séisme et d'un tsunami. C'est la combinaison de ces deux phénomènes naturels – bien connus des géologues pour être dans certains cas couplés entre eux – qui est le plus souvent annoncée comme étant la cause des accidents. Or, les dernières expertises font état du fait que le séisme, seul, aurait été responsable des principaux dommages causés à la centrale et notamment au système de refroidissement d'urgence qui était déjà hors d'état de fonctionner avant que le tsunami n'inonde les pompes de ce même système – information retenue intentionnellement par TEPCO et délivrée aux institutions gouvernementales seulement 6 mois après le début des accidents (Taira et Hatoyama, 2011). A ce stade, qu'un séisme seul – pourtant pris en compte dans les études de risques – soit la cause principale d'une telle catastrophe nucléaire réduit d'autant plus le caractère de « jamais vu » utilisé pour décrire la catastrophe naturelle. Certes,le séisme lui-même était d'une magnitude inégalée dans la région, il n'en est pas moins qu'un séisme de magnitude supérieure à 9.0 a lieu tous les 6 ans environ dans le monde. Cela démontre les limites des études de risques vis-à-vis des phénomènes naturels, que ce soit au niveau de leur localisation, de leur amplitude et de leur récurrence. Ce type de scénario – séisme et/ou tsunami – est bien connu et régulièrement pris en compte dans les calculs de sureté des installations nucléaires. Pourtant, malgré leur prise en compte dans le cas des réacteurs de Fukushima, cela n'a pas empêché d'aboutir à l'une des pires catastrophes nucléaires depuis le début de son développement. Cela signifie que les hypothèses prises au moment du développement de ces réacteurs dans les années 1970 ne furent pas suffisantes pour contenir les événements survenant en 2011 au large du Japon. Nous sommes ici en présence d'un scénario à faibles probabilités mais à grandes conséquences pour l'homme et pour l'environnement. Cette très grande sensibilité aux hypothèses critiques est caractéristique des projets complexes et représente leur fragilité. La fragilité de la sûreté des réacteurs nucléaires peut se résumer ainsi : l'énergie nucléaire est sûre jusqu'à ce qu'un accident survienne. L'exploitation de centrales nucléaires actuelles implique ainsi une inévitable situation de dualité en passant d'une sûreté totale à une situation de chaos juste par le fait que certaines hypothèses critiques peuvent être dépassées. L'implication des hypothèses de calculs comme source profonde des accidents de Fukushima – les deux événements naturels n'étant que les facteurs déclencheurs – fait donc indéniablement porter la responsabilité sur l'industrie nucléaire en charge de ces calculs, et sur les autorités de régulation en charge de leur validation. Plus largement ce sont les méthodes probabilistes utilisées pour évaluer les risques liés à ce type de phénomènes – naturels ou non – qui peuvent être critiquées. On peut se demander en effet si la conception de telles centrales est faite en pleine connaissance des risques encourus. La réponse est de toute évidence négative, puisque de telles études sont affectées par la présence inévitable de « véritable ignorance » – ou « incertitude » – que l'on doit différencier de la simple « indétermination probabiliste » (Knight, 1921 ; Diaz Maurin, 2011b). Le physicien Richard P. Feynman, lauréatdu prix Nobel de physique, disait à ce sujet en 1963 qu' « il est d'une importance primordiale, afin de faire progresser [la science], que nous reconnaissions cette ignorance et ce doute » (Feynman, 1998). Cela s'applique également au domaine de la technologie et donc de l'énergie nucléaire pour laquelle il est essentiel de reconnaître la présence d'ignorance et d'en identifier les sources. Or, l'une des principales sources est l'ignorance systémique affectant l'ensemble des études de risques indépendamment du type de réacteur nucléaire – à la conception aussi avancée soit-elle (2) – et de sa localisation (Diaz Maurin, 2011b). De telles études de risques conventionnelles basées sur des calculs probabilistes ne peuvent donc pas – et ne devraient pas – être utilisées dans des situations où la présence d'ignorance est avérée, comme dans le cas de la sûreté nucléaire. Et si c'est encore le cas, compte tenu de la présence inévitable d'ignorance – comme lorsque l'on mène un projet à large échelle pour la première fois – il n'est pas recommandé de seulement se baser sur l'avis de « l'expert » qui n'a pas plus de raison d'être immunisé contre l'ignorance que n'importe quelle autre personne. La présence de « véritable ignorance » pose donc la question de la désirabilité de l'énergie nucléaire pour laquelle on ne peut connaître les risques encourus. Poursuivre l'expérience à grande échelle de l'énergie nucléaire, d'une part, tout en refusant d'admettre les sources d'ignorance évidentes, d'autre part, démontre une certaine fermeture d'esprit loin de la sagesse et de l'imagination que requière la gestion de la crise énergétique globale qui représente sans doute la plus grande menace de l'ère de l'Anthropocène. En effet, rien n'indique que la transition énergétique et sociétale impliquant une diminutionrapide de la qualité de l'énergie – et donc de la quantité disponible pour la société – se passenécessairement sans heurts vis-à-vis de l'organisation sociétale actuelle (Smil, 2008, 2010 ;Tainter, 2004). Il semble même très probable que la transition énergétique s'accompagne d'un« effondrement sociétal » global. Risque d'effondrement sociétal La notion d'effondrement sociétal est familière des lecteurs d'Entropia qui lui a consacré sonnuméro 7 avec un dossier intitulé L'Effondrement : et après ? Toutefois, ce terme n'y était pas clairement défini. Par effondrement sociétal j'entends ici la perte rapide de la complexité sociale, politique et économique (Tainter, 2004). Ce type d'effondrement est un phénomène récurrent de l'histoire des civilisations et a été synonyme de leur déclin. Un tel effondrement sociétal, selon Tainter, apparaît lorsque la résolution des problèmes n'est plus possible par l'usage du processus de complexification de la société décrit précédent. Or, même si l'on admet la thèse de Tainter à savoir que l'énergie n'est pas la cause première de l'effondrement des civilisations anciennes mais bel et bien leur incapacité à poursuivre dans la résolution des problèmes par le recours à toujours plus de complexité, on doit néanmoins se rappeler que la complexification d'une société n'est possible que parce qu'un surplus d'énergie croissant est disponible. C'est à ce titre que la crise énergétique globale – de par le déclin du surplus énergétique qu'elle impliquera – représente un véritable risque d'effondrement sociétal. La question n'est alors plus de savoir si un effondrement de notre société est possible – l'histoire nous a montré que oui – ou de savoir ce qu'il y aura après l'effondrement – compte tenu de notre ignorance vis-à-vis de cette question et du caractère auto-évolutif et non planifiable d'une société – mais la question est avant tout autre chose de connaître les implications d'un tel processus d'effondrement, et notamment de savoir s'il est désirable, évitable et, si tel n'est pas le cas, de savoir comment s'y préparer. La désirabilité d'un processus dépend de l'équilibre entre coûts engendrés et bénéfices escomptés. Or, il est clair que dans le cas d'un processus d'effondrement sociétal l'humain n'est pas disposé à accepter les coûts d'une telle transition d'autant plus que les bénéfices escomptés sont tout sauf certains – il est en effet impossible de prédire l'après effondrement qui est affecté par la présence d'ignorance. Si l'effondrement sociétal n'est donc pas un processus de transition désirable pour notre société, est-il encore évitable ? Tout porte à croire que le processus d'effondrement sociétal soit déjà engagé même s'il n'est pas encore évident. Par exemple, le fait que certains pays renoncent à tenter de résoudre certains des problèmes auxquels ils font face (retrait du Protocole de Kyoto par le Canada, arrêt du financement des recherches européennes sur les effets à long terme de la radiation,etc.) semble illustrer l'arrêt du processus de résolution des problèmes utilisé depuis le début de l'ère de l'Anthropocène – et même au cours de l'expansion des civilisations anciennes. Il semble donc difficile de pouvoir éviter un processus d'effondrement sociétal déjà engagé ça et là, et ce, d'autant plus que le contexte à venir de crise énergétique y est très favorable. L'effondrement sociétal sera donc très probablement une réalité signant effectivement la fin del'Anthropocène. Toutefois, si la fin de l'Anthropocène est quelque chose de désirable à de multiples aspects sociaux et environnementaux, on ne pourrait en aucun cas s'en réjouir lorsque l'on sait qu'il sera précédé d'un tel processus d'effondrement sociétal caractérisé par une modification brutale du métabolisme énergétique aux conséquences négatives pour l'humain voire même pour l'environnement (par exemple par l'exploitation des ressources fossiles non conventionnelles). L'humain va donc devoir assurer une certaine gestion de crise ou plutôt une « gestion de l'effondrement ». La véritable question posée devient donc : L'Effondrement : comment ? L'un des leviers de la « gestion de l'effondrement » est la réaffectation de l'utilisation des énergies conventionnelles de façon à accompagner la transition vers une société soutenable basée sur d'autres formes d'énergie qui soient renouvelables. Cette transition, bien que longue, implique d'engager dès maintenant nos sociétés dans une discussion sur les options énergétiques qui apparaissent comme viables et désirables. Ceci est important pour que les« dernières » ressources fossiles (de qualité) ne soient plus vues comme le support de notre société moderne actuelle mais bel et bien comme le support des alternatives tant énergétiques que sociétales . Conclusion Aujourd'hui, à l'ère de l'Anthropocène, le recours à l'énergie nucléaire pour la production d'électricité est de loin le système énergétique le plus complexe jamais entrepris par l'homme. Or, les accidents de Fukushima ont démontré l'incapacité de l'humanité à contrôler ce système complexe. Plus spécifiquement, la présence systémique – c'est-à-dire à tout niveau – de véritable ignorance pose la question de la désirabilité d'une telle source d'énergie. En effet, dans un contexte de crise énergétique globale étant déjà affecté par de l'incertitude, il ne serait pas judicieux d'ajouter de l'incertitude supplémentaire en faisant le choix d'une source d'énergie alternative que l'on ne peut prédire – et donc contrôler – totalement. C'est en cela que l'humanité ne semble donc plus capable de poursuivre son expansion telle que nous la connaissons depuis deux siècles en recourant au même mécanisme de complexification de lasociété. Cette nouvelle catastrophe nucléaire pourrait ainsi marquer la fin de cette ère, ou tout au moins « le début de la fin ». Pourtant, fin de l'Anthropocène ne signifierait pas nécessairement – et fort heureusement – fin de l'humanité mais ouverture sur une nouvelle ère plus simple et plus durable, celle d'une co-évolution entre l'homme et son environnement. Toutefois, pour réaliser avec succès cette transition sociétale il est important de comprendre les implications de la crise énergétique globale à venir de manière à s'engager dans une transition la plus informée possible. Pour ce faire, cela nécessite un nouveau pacte de société visant à discuter la question de soutenabilité de manière informée à l'aide des scientifiques devant accepter l'existence de l'ignorance et du doute. Enfin, un tel pacte de société nécessite d'être démocratique et participatif impliquant un processus de négociation entre les différents acteurs sociaux puisque rien n'a jamais été aussi incertain qu'aujourd'hui. (1) Il est important de préciser qu'ils s'agit bien de 4 accidents distincts du point de vue de la sûreté nucléaire (études de risques), et ce, bien que la cause initiatrice et que la centrale nucléaire soient les mêmes (DiazMaurin, 2011a). (2) A ce titre, l'empressement de l'industrie nucléaire au lendemain des accidents de Fukushima pour annoncer à la population que les nouveaux réacteurs « auraient résisté à une telle situation » ne fait que repousser le seuil d'incertitude sans régler pour autant le problème de fond qu'est la présence d'incertitude. De plus, de telles déclarations sont complètement hors sujet puisque aucun de ces « nouveaux réacteurs » n'est en fonctionnement à l'heure actuelle dans le monde et il faudra attendre encore plusieurs dizaines d'années avant qu'ils représentent une part significative de la production d'électricité de la filière nucléaire – si toutefois ils étaient commandés, financés et finalement construits ce qui est de moins en moins envisagés dans les paysdéveloppés – et donc avant que l'on puisse les prendre en considération dans les discussions relatives à lasûreté nucléaire. Références Brumfiel G. (2011a) International atomic energy agency gets new safety remit.  Nature News Blog . URL http://blogs.nature.com/news/2011/09/iaea_gets_new_safety_remit.html Brumfiel G. (2011b) Fukushima's reactor cores still too hot to open.  Nature News .doi:10.1038/news.2011.525 Diaz Maurin F. (2011a) Fukushima: Consequences of systemic problems in nuclear plantdesign.  Economic & Political Weekly , 46(13):10–12. Diaz Maurin F. (2011b) Sobre la viabilidad de la energía nuclear: Implicaciones de losaccidentes de Fukushima-Daiichi.  Ecología Política 41:106–111. Feynman R.P. (1998) The meaning of it all: thoughts of a citizen-scientist . Basic Books. Knight, F.H. (1921)  Risk, uncertainty and profit. Library of Economics and Liberty. Smil V. (2010)  Energy transitions: history, requirements, prospects , Praeger Publishers. Smil V. (2008)  Energy in Nature and Society: General Energetics of Complex Systems . TheMIT Press, Cambridge, MA. Smil V. (2004) World History and Energy. In  Encyclopedia of Energy 6:549–561, C.Cleveland, Ed., Elsevier: Oxford. Tainter J. (2011) Energy, complexity, and sustainability: A historical perspective.  Environmental Innovation and Societal Transitions , 1:89-95. Tainter J. (2004) Energy and sociopolitical collapse. In  Encyclopedia of Energy 5:529–543, C.Cleveland, Ed., Elsevier: Oxford. Tainter J. (1988) The collapse of complex societies. New Studies in Archaeology. CambridgeUniversity Press, New York. Taira T., Hatoyama Y. (2011) Nationalize the Fukushima Daiichi atomic plant.  Nature 480:313–314. © F. Diaz Mauri

Le Paraguay repris en main par l’oligarchie

Par Gustavo Zarachole 19 Juillet 2012pour http://www.monde-diplomatique.fr English Version
Le 4 juillet dernier, l’hebdomadaire brésilien Veja — le plus influent d’Amérique latine — dénonçait une « tentative de coup d’Etat au Paraguay » : pas celle, réussie, ayant conduit à la destitution du M. Fernando Lugo, le 22 juin dernier (1) ; mais celle, ratée, du président vénézuélien Hugo Chávez qui aurait tenté de faire renverser le « nouveau président », M. Federico Franco. Une opération « honteuse », proclamait la « Une » de la revue (2), qui semble ignorer que le renversement de M. Lugo a été condamné par plusieurs organismes de défense des droits de l’homme (dont la Fédération internationale des ligues de droits de l’homme [FIDG] et la Commission interaméricaine des droits de l’homme [CIDH])… Malgré le soutien des grands médias privés de la région, le Paraguay se trouve isolé : seuls Taiwan et le Vatican reconnaissent pleinement le nouveau gouvernement. Le Marché commun du Sud (Mercosur) et l’Union des nations d’Amérique du Sud (Unasur) ont écarté le Paraguay de leurs enceintes en attendant le rétablissement de l’ordre démocratique : retour au pouvoir de M. Lugo ou nouvelles élections (prévues en 2013). L’activité commerciale commence à faiblir et la population craint une monté en flèche du prix des produits de base. Moins de préoccupations du côté de l’oligarchie, qui a désormais repris l’intégralité du contrôle de l’administration. M. Lugo a été remplacé par son vice-président, M. Franco. Membre du Parti libéral radical authentique (PLRA, droite), ce dernier avait œuvré à la création de la vaste alliance ayant remporté le scrutin présidentiel d’avril 2008 ; il s’était néanmoins très vite employé à provoquer la destitution du président (3). Le PLRA a d’ailleurs quitté la coalition au pouvoir juste avant le 22 juin, de façon à se rallier aux autres partis politiques en vue de la destitution du président. Les bénéficiaires du coup d’Etat se comptent en premier lieu parmi les grands cultivateurs de soja et les multinationales céréalières, dont Monsanto, Cargill et Rio Tinto Alcan : leurs porte-parole plus ou moins officiels font leur entrée au gouvernement : – Le nouveau ministre de l’économie, M. Manuel Ferreira, conseillait hier l’Union des corporations de la production (UGP), un puissant lobby rassemblant les grands cultivateurs de soja et les représentants de l’agrobusiness. – Le Service national de santé végétale et de semences (Senave) — qui régule et contrôle l’utilisation de pesticides et le type de semences autorisées dans le pays — sera désormais piloté par M. Jaime Ayala, qui dirige une société distribuant des pesticides (4). La première mesure du nouveau gouvernement a d’ailleurs été d’autoriser les (rares) semences génétiquement modifiées encore interdites sous la présidence Lugo. – M. Francisco Rivas (PLRA) se maintient au ministère de l’industrie, dont M. Diego Zavala, avocat et lobbyiste de la société canadienne Rio Tinto Alcan a été nommé vice-ministre. Tous deux défendent l’installation de l’entreprise minière au Paraguay, contre l’avis de l’ancien vice-ministre des mines et de l’énergie comme de la Commission nationale des entités hydroélectriques du ministère des affaires étrangères (5), qui dénonçaient la perspective de dégâts environnementaux conséquents et l’aberration du tarif subventionné concédé à la société. Avec l’arrivée au pouvoir, de MM. Rivas, Zavala et Franco — lequel avait accepté l’invitation de la multinationale pour visiter du 24 au 26 octobre 2010 (6) ses installations au Canada —, l’avenir s’annonce plus rose pour Rio Tinto Alcan : le gouvernement semble déterminé à signer un accord dans les plus brefs délais. Du côté des médias privés locaux, contrôlés par des groupes économiques favorables au coup d’Etat et peu entravés par une conception trop exigeante de la déontologie, les articles interrogeant la destitution de M. Lugo sont rares. Ceux qui font référence à la mobilisation de la population pour exiger son retour, encore plus. Seuls les médias publics — la Télévision publique et la Radio Nationale du Paraguay — les ont évoquées. Ils ont par la suite fait l’objet de pressions, d’actes de censure et plusieurs journalistes ont été licenciés pour des raisons politiques. Fátima Rodríguez, de la télévision publique, a ainsi été remerciée : le nouveau ministre de la Communication, M. Martin Sannemann, lui reprochait son engagement contre le coup d’Etat — n’avait-elle pas été aperçue regardant des photos de manifestants anti-Franco sur son ordinateur ? Les manifestations contre le gouvernement se succèdent néanmoins, et les dirigeants politiques qui ont voté le limogeage de M. Lugo éprouvent les plus grandes difficultés à se déplacer sans faire l’objet de protestations populaires (7). La répression que craignent les partisans de M. Lugo et tous ceux qui défendent l’ordre démocratique aurait-elle débuté ? Le 16 juillet, lors d’une marche contre les coupes budgétaires que vient d’annoncer le nouveau gouvernement dans les programmes sociaux, la police a chargé contre les manifestants. Une jeune artiste, Irene Codas, a été grièvement blessée. Environ trois cents personnes travaillant dans différents programmes sociaux mis en place par le gouvernement Lugo ont été licenciées. Auprès de la Commission parlementaire de l’Union Européenne présente dans le pays depuis lundi dernier, elles ont dénoncé ce qu’elles considèrent comme une forme de persécution politique (8). Mais le coup d’Etat aurait-il été possible si le pouvoir de M. Lugo ne s’était pas avéré si faible ? En dépit d’une vingtaine de tentatives de destitution depuis 2008, ses partisans n’avaient pas — semble-t-il — anticipé une telle situation. En outre, M. Lugo n’a jamais souhaité miser sur une alliance forte avec les organisations populaires, les fédérations paysannes ou les partis de gauche. Ceux-ci l’avaient d’ailleurs trouvé plus qu’hésitant dans la mise en œuvre de la réforme agraire, promise lors de la campagne présidentielle de 2008. Mais malgré les critiques adressées au gouvernement de M. Lugo, la gauche, les mouvements sans terres et les groupes progressistes se sont rassemblées au sein du Front de défense de la démocratie (FDD), qui organise la mobilisation au sein du pays et à l’étranger. Alors que le printemps démocratique de l’Amérique latine — qui semblait avoir mis un terme aux années de dictatures militaires et de régimes néolibéraux et autoritaires — semble menacé, faudra-t-il se contenter de déclarations du type de celle de l’Union européenne, qui exprime timidement sa « préoccupation », bien loin de la condamnation (quasi-) unanime des pays sud-américains (9) ?
(1) Lire «  Coup d’Etat au Paraguay  », La valise diplomatique, 23 juin 2012.
(2) Duda Teixeira, «  O golpe fracassado de Chávez no Paraguai  », Veja, São Paulo, 4 juillet 2012.
(3) Lire François Musseau, «  Coup d’Etat rampant au Paraguay  », Le Monde diplomatique, mars 2010.
(6) «  Río Tinto desea invertir US$ 2.500 millones  », ABC Color, Asunción, 6 novembre 2010.
(7) Voir la vidéo publiée par le site E’A le 9 juillet 2012 : http://ea.com.py/video-asi-fue-escr...
(9) Lire le communiqué (PDF) de l’Union européenne du 23 juin 2012.

Facebook invite à la délation

Par le 17 Juillet 2012pour http://owni.fr English Version Mark Zuckerberg a fait le rêve d’une communauté parfaite et compte sur le social reporting – "signalement social" – pour le réaliser. Lancée en 2011, l’opération consiste à faire des membres de Facebook les petits rapporteurs des violations des conditions générales d’utilisation du réseau. Depuis quelques jours, ils doivent confirmer l'identité de leurs amis utilisant un pseudonyme. Une seule exigence affichée pour cette armée mexicaine : la transparence.Se reposer sur la bonne volonté des membres pour aider Facebook à rester transparent est une chose. Forcer les utilisateurs à dénoncer leurs petits camarades en est une autre. C’est pourtant ce que propose Facebook dans l’ une des ses nouvelles fonctionnalités récemment décriées en France : quelques personnes ont été sommées de confirmer l’identité de leurs amis utilisant un pseudonyme. Des cas isolés qui illustrent tout de même le manque de discernement de l’entreprise, mettant sur le même plan les dangers d’une publication d’informations dangereuses ou de contenus contraires aux bonnes moeurs et l’utilisation de pseudonymes. On ne badine pas avec la sécurité chez Facebook. Le réseau traque les contenus haineux, pédophiles, racistes, et plus globalement, toute utilisation frauduleuse des profils, de l’usurpation d’identité au piratage de compte. Lorsque l’entreprise a présenté l’année dernière le signalement social, comme « un outil innovant permettant aux utilisateurs de signaler un abus non seulement à Facebook mais aussi directement à leurs amis, ces derniers pouvant aider à résoudre les problèmes », elle a officialisé un nouveau rôle pour ses membres : celui de chien de garde. L’utilisateur est alors considéré comme l’un des piliers de la sécurité et se devra d’aider les équipes dans leur recherche. Qu’il se rassure, il pourra remplir les objectifs de sa mission en toute discrétion, puisque ” la personne signalée n’est pas informée de l’identité de l’utilisateur qui a fait le rapport “. Selon un porte-parole de Facebook France, le signalement social est un outil efficace et même nécessaire, qui complète pleinement le travail de l’entreprise :
Les internautes utilisent Facebook pour rester en contact avec leurs amis et leur famille, pour savoir ce qu’il se passe dans le monde et pour partager et exprimer ce qui importe à leurs yeux. Ils tireront le meilleur du site en utilisant leur véritable identité. Cela permet un environnement plus sécurisé et digne de confiance pour tous les utilisateurs. C’est pourquoi Facebook essaie constamment d’améliorer la sécurité de ses utilisateurs, en mettant à jour certains outils ou en développant de nouvelles fonctionnalités. Afin de lutter contre les faux comptes, Facebook a mis en place un système de signalement social qui permet entre autre aux utilisateurs de signaler les faux comptes sur Facebook. Pour gérer ces signalements, Facebook a une équipe dédiée qui s’occupe spécifiquement des questions de fausse identité. Cette équipe lit les remarques qui lui sont envoyées, vérifie les signalements d’éventuels faux profils et agit en conséquence.
En réalité, derrières ces louables intentions se cache une réalité beaucoup plus simple : le réseau, dépassé par sa popularité, cherche à faire des économies. En 2010, alors que Facebook ne comptait “que” 500 millions de membres (plus de 900 millions aujourd’hui), les plaintes pour contenus contraires aux politiques générales d’utilisation du site étaient enregistrées par seulement deux équipes, l’une basée en Californie, l’autre en Irlande. En 2012, deux nouvelles équipes au Texas et en Inde sont venues compléter l’effectif mais elles ne semblent pas suffisantes pour assurer une modération globale.

 Done is better than perfect !

 

Ces méthodes sont pourtant typiques de Mark Zuckerberg qui applique une seule et même devise à l’ensemble de son travail « Done is better than perfect ». Le tâtonnement permanent du jeune milliardaire ne semble pas réjouir les utilisateurs de Facebook aux États-Unis, où les lois régulant la vie privée sont moins contraignantes que les textes européens : 25% d’entre eux avouent entrer de fausses informations sur leur profil afin de protéger leur identité contre 10% en 2010. Les dérives du social reporting n’inquiètent cependant pas encore les associations de défense des libertés numériques telle l’Electronic Frontier Foundation (EFF) car Facebook n’a pas encore officialisé cette fonctionnalité. Mais même les violations ponctuelles des libertés peuvent nuire aux utilisateurs. Pire encore, cette obsession de la transparence pousse l’entreprise à employer des mesures radicales, peu efficaces mais permettant de mieux contrôler ses ouailles, comme la surveillance des messageries privées. La chasse aux pervers et aux profils dangereux devient une priorité qui prévaut sur le respect de la vie privée et des libertés. Facebook va tenter de faire son mea culpa en intégrant le Global Network Initiative, un groupe de travail composé d’entreprises, d’investisseurs, d’associations de défense des libertés et de chercheurs et spécialisé dans la protection des libertés d’expression et de la vie privée dans le secteur des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, qui compte déjà dans ses rangs Google, Microsoft et Yahoo. Mais l’on ne sait toujours pas ce que Facebook compte y trouver et encore moins quelles seront les garanties pour les utilisateurs. Une opacité qui remet en cause la bonne volonté affichée de l’entreprise qui exige encore une fois de faire ce qu’elle dit mais pas ce qu’elle fait.
Photo par Camille Chenchai (CC-byncnd) via flickr