samedi 10 mars 2012

Fukushima et les chiens de garde du nucléaire

Par Yûki Takahata
mercredi 7 Mars 2012
pour http://blog.mondediplo.net

Le 11-mars sera commémoré par une minute de silence. Ce sera peut-être pour nombre de Japonais l’occasion de se rappeler que la catastrophe nucléaire de Fukushima qui débuta un an plus tôt a prospéré sur le silence des autorités, relayé par une presse bien complaisante à l’égard des informations reçues (lire l’écrivain Ikezawa Natsuki, « La catastrophe comme occasion », Le Monde diplomatique de mars, en kiosques).

La grande presse (télévisions et principaux journaux) s’est en effet réveillée tardivement. Ce n’est qu’à partir du mois d’avril que certains médias, notamment les quotidiens Tokyo Shinbun (560 000 exemplaires) et Mainichi Shinbun (3,5 millions d’exemplaires) ont commencé à enquêter sur les mesures prises par Tokyo Electric Power Company (Tepco), l’opérateur de Fukushima Daiichi, et par les autorités japonaises, ou à s’interroger sur la politique nucléaire du pays. Le deuxième grand quotidien japonais, Asahi Shinbun (7,9 millions d’exemplaires), n’a publié qu’à l’automne une série d’enquêtes soulignant les multiples dysfonctionnements et dissimulations qui ont conduit à la prise de mesures inadéquates (dysfonctionnements confirmés par le rapport intermédiaire du comité d’enquête sur l’accident de Fukushima, rendu public le 26 décembre).

On sait désormais que les informations officielles communiquées par Tepco et les autorités japonaises suite au séisme et au tsunami étaient non seulement insuffisantes mais minimisaient systématiquement la gravité de l’accident et de la contamination radioactive : n’a t-il pas fallu plus de deux mois à Tepco pour reconnaître que c’était bien dans les premiers jours que le cœur du combustible des trois réacteurs avait fondu (melt down) ? N’a t-on pas appris que le Système informatisé de prévision des informations d’urgences environnementales (SPEEDI, en anglais) qui prévoit la diffusion des radionucléides dans l’atmosphère, n’a pas servi à la protection des populations ? Les habitants des villes de Futaba et de Namié, par exemple, ont été évacués vers le nord-ouest sans être informés que le vent dispersait les rejets radioactifs dans cette direction, ce que la simulation montrait ? Les résultats de celle-ci, pourtant obtenus dès les premières heures de l’accident, n’ont été publiés qu’à partir du 3 mai [1].

Chantage à la publicité ? 

 

Plus grave encore, les grands médias japonais ont systématiquement relayé, sans analyse critique de la situation, les déclarations des porte-paroles de Tepco et du gouvernement. Cette atonie peut d’abord s’expliquer par le budget publicitaire colossal que Tepco distribue copieusement à chacun d’eux : 25 milliards de yens par an (230 millions d’euros) selon les chiffres officiels. Si l’on prend celui des dix compagnies électriques japonaises, on dépasse le milliard d’euros, plus que le budget publicitaire de Toyota. A cette pression sonnante et trébuchante s’ajoute un système traditionnel spécifiquement japonais appelé kisha club (club des journalistes), où la proximité excessive entre les journalistes et les organismes ou compagnies qu’ils sont chargés de « suivre » engendre de la connivence.

De plus, au Japon, les télévisions, les radios et la presse écrite sont souvent affiliés aux grands groupes de communication et il n’existe pas d’organe de régulation audiovisuelle ni de commission indépendante. Un exemple significatif : celui du PDG du plus grand quotidien japonais, Yomiuri Shinbun (9,9 millions d’exemplaires), M. Matsutarô Shôriki, qui fut l’artisan majeur de l’introduction du nucléaire civil au Japon : la chaîne Nippon Television (NTV), qu’il venait de créer, fut utilisée pour la campagne pro-nucléaire de 1955. Ancien haut fonctionnaire de la police et criminel de guerre de classe A, il fut le premier président de la Commission japonaise de la sûreté nucléaire en 1956. Après l’accident de Fukushima, Yomiuri Shinbun persiste et signe son engagement pro-nucléaire.

Seuls des journalistes japonais travaillant hors de ces circuits médiatiques (et quelques correspondants étrangers) ont permis de mettre en doute l’information diffusée par les autorités en se rendant immédiatement aux abords de la centrale pour mesurer la radioactivité et en poursuivant les enquêtes alors que les principaux organes d’information avaient rappelé leurs journalistes. De même, lors des conférences de presse de Tepco et des autorités, ils savaient poser des questions dérangeantes retransmises en direct sur Internet par un media indépendant (Web Iwakami)  [2].

Le rôle du Web a donc été capital. Dès le 12 mars, quelques scientifiques et ingénieurs ont alerté la population en présentant leurs propres analyses sur les dangers réels de la situation. Ces initiatives, diffusées sur leurs sites par des associations antinucléaires, ou au travers de blogs et de forums, ont rendu possible l’accès à des informations décrivant la gravité de la catastrophe en cours, pendant que les chaînes de télévision et les grands quotidiens, focalisés sur les seuls effets du tsunami, diffusaient uniquement les propos lénifiants des autorités et de leurs scientifiques « maison »  [3]. On pouvait lire ou entendre que la radioactivité « n’entraînerait pas de conséquences immédiates sur la santé » ou encore que telle « mesure de sécurité [ était prise] par précaution ». Des expressions emblématiques de ce déni.

La plus grande manifestation antinucléaire 

 

La prise de conscience des citoyens s’est faite à travers les échanges sur les réseaux sociaux, à l’image des révoltes du monde arabe. Cependant, l’indignation des Japonais est restée cantonnée à la sphère d’Internet malgré des initiatives exceptionnelles, et notamment la manifestation du 19 septembre 2011 à laquelle participa l’écrivain Ōe Kenzaburō [4], et qui rassembla 60 000 personnes — un fait remarquable pour une population qui n’a pas l’habitude de manifester. Cependant, la majorité des Japonais ignorent l’existence d’un grand nombre d’actions citoyennes à travers lesquelles des militants continuent ici et là à informer par des conférences de spécialistes, à réclamer la sortie du nucléaire et une politique de transition énergétique, ou à appeler à la protection des habitants contraints de rester dans les zones hautement contaminées. C’est le cas, par exemple, du sit-in organisé fin octobre devant le ministère de l’économie et de l’industrie, à l’initiative de femmes résidant dans la Préfecture de Fukushima, et dont seuls les quotidiens Tokyo Shinbun et Mainichi Shinbun se sont faits l’écho ; aucune chaîne de télévision n’en a montré la moindre image. La vigie devant ce ministère emblématique a débuté le 11 septembre 2011 : avec leurs trois tentes plantées au cœur du quartier ministériel, c’est dans l’esprit du mouvement Occupy que des militants et des citoyens japonais essaient de créer un espace de contestation et d’échanges démocratiques.

Peut-on y voir le début d’une fissure dans le consensus prôné pour faire face au plus grand désastre national depuis la défaite de 1945 ? Rien n’est moins sûr tant les vieux réflexes ont la vie dure. Et pour tous les grands médias, malgré quelques dissidences, la règle reste la même : caresser dans le sens du poil, ne pas susciter de polémique ni déplaire aux clients que sont les lecteurs-consommateurs et le monde économique, encore et toujours rassurer et, surtout, ne pas poser les questions qui dérangent. Ainsi, les propos des scientifiques ou des médecins critiquant les mesures gouvernementales sont rarement cités (alors que leurs livres se vendent pourtant comme des petits pains). La télévision montrera des scènes de décontamination, mais jamais celles où des habitants réclament un dédommagement pour pouvoir partir ailleurs.

La catastrophe nucléaire est désormais un sujet parmi d’autres, et pas question de trop en dire sur la responsabilité de Tepco ou les mesures gouvernementales qui ont enfreint la loi sur le seuil d’irradiation non naturelle. La déclaration stupéfiante, le 16 décembre 2011, du gouvernement japonais proclamant « l’arrêt à froid » des réacteurs de Fukushima a certes suscité quelques critiques, mais les grands médias semblent plutôt vouloir privilégier une attitude aseptisée et policée, loin de l’angoisse, de la révolte et du désarroi d’une population plus que jamais préoccupée par la menace d’une contamination radioactive en expansion.
On peut dire que ces grands médias ont participé à l’écriture du scénario inventé par Tepco et les autorités japonaises, qui veulent à tout prix nier la réalité afin de préserver leur pouvoir et leurs intérêts. En persistant à couvrir ce déni, c’est son rôle de contre-pouvoir que la grande presse sacrifie et avec lui les conditions d’existence d’une démocratie saine. A rebours de leur gouvernement qui affirme sa volonté de continuer le nucléaire, 85 % des Japonais désireraient en sortir [5]. Que choisiront de faire ces grands médias au milieu d’un pareil grand écart ? Et les nouveaux médias citoyens réussiront-ils à avoir enfin prise sur la société pour faire bouger les lignes ?

Yûki Takahata est traductrice et auteure de plusieurs ouvrages sur la société française en japonais. Dernier ouvrage traduit en japonais : Yannick Haenel, Jan Karski.

Notes

 

[1] Sauf le 23 mars 2011, où le pouvoir a mis en ligne le résultat, aussitôt retiré du site. Rien ne sera plus publié jusqu’au 3 mai (cf. l’enquête publiée par le New York Times, « Japan Held Nuclear Data, Leaving Evacuees in Peril », 8 août 2011). L’agence de presse japonaise Kyodo News a révélé le 16 janvier que les résultats de la simulation étaient communiquées dès le 14 mars à l’armée et aux autorités américaines.
[2] Un journaliste indépendant, Kazuo Hizumi (rédacteur en chef du site d’information News for the People in Japan) vient de publier, en collaboration avec un autre journaliste indépendant, Ryuichi Kino, un livre sur la dissimulation et le mensonge de Tepco et des autorités japonaises intitulé Vérification : l’accident nucléaire de Fukushima — La conférence de presse (en japonais) aux éditions Iwanami shoten.
[3] A de rares exceptions près, notamment l’émission de radio locale d’Osaka « Tanemaki Journal », qui questionne tous les jours un physicien nucléaire et un théoricien anti-nucléaire, M. Hiroaki Koidé, dont les propos sont retransmis sur Internet (en japonais).
[4] Le prix Nobel de littérature, Kenzaburo Oé sera présent au salon du livre de Paris, du 16 au 19 mars, qui rend hommage à la littérature japonaise.
[5] Sondage effectué les 20-21 août par le quotidien Mainichi Shinbun : « sortie immédiate » à 11 %, « sortie progressive » à 74 %, « pas besoin de diminuer la part d’énergie nucléaire » à 13 %.

Enquête sur une supercatastrophe nucléaire (Documentaire)

Documentaire de Peter F. Müller, Michael Müller et Philipp Abresch
(Allemagne, 2012, 52mn)
NDR

pour  http://www.arte.tv

La catastrophe de Fukushima a ébranlé les croyances de citoyens japonais qui, jusqu'ici, se fiaient à leurs installations nucléaires.
Le début de l'ère du soupçon ?

Il a fallu attendre plusieurs jours, après le 11 mars 2011, avant que les responsables japonais n'admettent qu'il y avait eu à Fukushima un accident nucléaire sans doute plus grave que celui de Tchernobyl. Puis les autorités - l'exploitant Tepco, le gouvernement, les services de surveillance - n'ont cessé de minimiser l'ampleur de la catastrophe.

Le documentaire tente de faire la lumière sur ce qui s'est passé dans les réacteurs 1 à 4 de la centrale. Il analyse aussi la gestion de crise du lobby nucléaire japonais et international et montre que celui-ci met tout en oeuvre pour préserver un marché mondial lucratif.



DL : ZS , DF , BF , MF

Un héritage rayonnant (Documentaire)

Pour http://www.arte.tv
(Finlande, 2012, 52mn)
BR


Des chercheurs finnois et suédois pensent avoir trouvé un moyen de stocker les déchets radioactifs dans le granit...

Des chercheurs finnois et suédois pensent avoir trouvé un moyen de stocker les déchets radioactifs dans le granit que recèle le sous-sol de leur pays. L'Europe serait-elle sauvée ?

Le hic, c'est que pour l'instant, aucun pays ne peut légalement exporter ses résidus en Suède ou en Finlande. Mais le commissaire européen à l'énergie, Günther Oettinger pense que deux ou trois pays membres de l'Union devraient s'associer pour s'attaquer à cette question.

En Finlande, la perspective de nouveaux marchés mobilise les hommes politiques locaux, particulièrement dans les régions où le chômage est élevé, ce qui ne règle pas le problème du transport ni les risques d'attaques terroristes...




DL : DF , BF , WU

Espions des sables

Par
6 Mars 2012
pour http://owni.fr

Fin 2011, des unités d'élite occidentales, comptant des Français, auraient été déployées en Syrie. En partenariat avec OWNI, l'organisation WikiLeaks poursuit la publication des cinq millions d'emails de Stratfor, la société de renseignement privé proche des états-majors américains. Avec aujourd'hui des centaines de messages sur le Moyen-Orient.

WikiLeaks avait entamé, le 27 février, la publication progressive de cinq millions de messages internes de l’entreprise de renseignement privée américaine Stratfor. Aujourd’hui, le site dévoile des emails indiquant la présence de forces spéciales occidentales en Syrie, notamment françaises, ainsi que des emails détaillant des aspects opérationnels, jusque-là ignorés, de la guerre en Libye. Créée en 1996 à Austin, au Texas, l’agence passait jusqu’ici pour une “CIA privée”, une réputation quelque peu exagérée.
En réalité, Stratfor développe ses analyses depuis des bureaux aux États-Unis, qu’elle vend aux entreprises, en entretenant des contacts avec quantité d’officiers supérieurs et d’agents de renseignement, en particulier américains.

Forces spéciales en Syrie

 

En Syrie, sujet abondamment traité par Stratfor, le compte-rendu d’une réunion, daté du 6 décembre 2011 laisse entendre que des forces spéciales occidentales auraient été présentes sur le terrain dès la fin de l’année 2011. Le message évoque quatre “gars, niveau lieutenant colonel dont un représentant français et un britannique” :
Après deux heures de discussion environ, ils ont dit sans le dire que des équipes de SOF [Special Operation Forces ou forces spéciales, NDLR] (sans doute des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, de France, de Jordanie et de Turquie) étaient déjà sur le terrain, travaillant principalement à des missions de reconnaissance et à l’entraînement des forces de l’opposition.
Les participants rejettent l’hypothèse d’une opération aérienne sur le modèle libyen, affirmant que “l’idée ‘hypothétiquement’ serait de commettre des attaques de guérilla, des campagnes d’assassinats, d’essayer de venir à bout des forces des Alaouites [le groupe confessionnel, minoritaire en Syrie, auquel appartient le président syrien Bachar al-Assad, NDLR], de provoquer un effondrement de l’intérieur.”
La situation syrienne est jugée beaucoup plus complexe que la Libye. “Les informations connues sur l’OrBat syrien [l'ordre de bataille, soit la composition des armées, NDLR] sont les meilleures qu’elles ne l’ont jamais été depuis 2001″ détaille un membre des services de renseignement de l’US Air Force, selon l’analyste de Stratfor. Les membres présents à cette réunion insistent sur les difficultés militaires d’une intervention directe :
Les défense aériennes syriennes sont bien plus robustes et denses, particulièrement autour de Damas et le long des frontières israélienne et turque. [Les participants] s’inquiètent des systèmes de défense aériens mobiles, en particulier les SA-17 [missiles sol-air, NDLR] qu’ils ont obtenus récemment. L’opération serait faisable, mais ne serait pas facile.
À ce moment de la réflexion stratégique, l’opération serait conduite depuis les bases de l’Otan à Chypre. Mais une telle campagne n’était alors pas encore entièrement d’actualité. “[Les représentants des services de renseignement] ne pensent pas qu’une intervention aérienne aurait lieu tant qu’aucun massacre, comme celui par Kadhafi à Benghazi [en Libye, NDLR], ne retiendra l’attention des médias. Ils pensent que les États-Unis auront une forte tolérance aux meurtres tant qu’ils n’atteindront pas l’opinion publique.”

Des troupes égyptiennes au sol en Libye

 

Parmi les centaines de milliers d’emails consacrés au Moyen-Orient, un grand nombre porte sur la guerre en Libye, sur la base de correspondance avec des militaires de haut rang. Ainsi, dans un message daté du 18 mars 2011, soit la veille du début des bombardements de la Libye par les forces de l’Otan, l’analyste Reva Bhalla partage avec force de détails un “rendez-vous privé” avec “quelques colonels américains de l’US Air Force, un homologue français et un Britannique”. Le ton est donné d’entrée :
Ils sautent pratiquement de joie à l’idée de faire cette opération [le bombardement de la Libye, NDLR] — une opération de rêve comme ils l’appellent – terrain plat, proche des côtes, cibles faciles. Aucun prob.
Les militaires gradés réunis affirment alors que “les Égyptiens sont déjà positionnés au sol, qu’ils arment et entraînent les rebelles.” Un sujet pour le moins tabou. A cette date, le 18 mars, deux résolutions ont été votées par le Conseil de sécurité des Nations Unies. La première à l’unanimité le 26 février, prévoit la mise en place de sanctions économiques et financières contre le régime libyen, doublées d’un embargo sur les armes.
Le 17 mars, un jour avant le “rendez-vous privé” relaté, le Conseil de sécurité adopte la résolution 1973 qui met en place une zone d’exclusion aérienne. Le texte est adopté à l’arraché : l’Allemagne, la Chine, la Russie, le Brésil et l’Inde s’abstiennent. Selon les participants, la résolution a été “presque entièrement rédigée par les Brits [les Britanniques, NDLR]“. A ce stade, il n’est nullement question de troupes présentes au sol, ni d’en envoyer dans le futur. Des enquêtes ultérieures démontrent que des forces spéciales occidentales ont bien participé aux opérations, sur le sol libyen.

Le pétrole de la gloire

 

Au lendemain du blanc-seing du Conseil de sécurité, les militaires analysent les motivations de chaque participant. “De leur point de vue, l’opération entière est menée par le tandem franco-britannique. Par bien des aspects, les États-Unis ont été forcés de les suivre” écrit l’analyste de Stratfor. Côté britannique, les motifs de l’entrée en guerre sont assez prosaïques et plutôt éloignés des raisons humanitaires officiellement invoquées :
Le gars britannique dit que la Grande-Bretagne est guidée par des intérêts énergétiques dans cette campagne. Depuis la marée noire [dans le Golfe du Mexique, NDLR], BP souffre aux États-Unis . Les autres options sont d’aller vers la Sibérie (problèmes avec la Russie), le Vietnam et… la Libye. Selon eux, le renversement de Kadhafi est le meilleur moyen de remplir ces objectifs énergétiques.
Côté français, la situation est moins claire pour les intervenants de l’armée et pour les analystes de Stratfor. Le gradé français affirme que “la France a entendu parler de menaces d’AQMI [Al-Qaïda au Maghreb islamique, NDLR], soutenues par Kadhafi, contre des cibles françaises. Ça les a soûlés. Sarkozy s’est mis dans une impasse” conclut-il. Surtout, la France voulait prouver qu’elle “pouvait très bien” conduire ce genre d’opérations, “prouver sa pertinence.”
Entre Français et Britanniques, la coordination est d’abord passée par le Pentagone, rapporte la même analyste de Stratfor dans un message daté du 19 mai 2011. La veille, elle a assisté à un“briefing avec le groupe stratégique de l’US Air Force [pour] aider à préparer le séjour du chef d’État major de l’USAF en Turquie la première semaine de juin”. À cette réunion assistent deux colonels des services de renseignement américain et français, un capitaine britannique et un représentant du Département d’État. Reva Bhalla écrit :
Au début de la campagne en Libye, la France se coordonnait encore avec la Grande-Bretagne par l’intermédiaire du colonel des services de renseignement de liaison au sein du Pentagon, et non pas directement avec la Grande-Bretagne. Maintenant, les Britanniques ont enfin installé un bureau de commandement à Paris pour la coordination.
Lors de la même réunion, les participants estiment le coût de la guerre à 1,3 million “par mois”, ce qu’un expert de Stratfor corrige dans un mail en réponse : “1,3 million par jour”. “Un coût, mais pas une opération coûteuse” estiment-ils de concert.

Le Mexique vote une loi inquiétante sur la surveillance

Ecrit par Katitza Rodriguez · Traduit par Claire Ulrich



[Liens en espagnol et en anglais] Les parlementaires mexicains ont récemment adopté une loi sur la surveillance qui concèdera à  la police l'accès sans mandat d'un juge à la géolocalisation des utilisateurs de terminaux électroniques.  La loi a été votée presque à  l'unanimité par 315 votes pour, 6 contre, et 7 abstentions. Elle a été envoyée au Président pour ratification.

Ces nouveaux pouvoirs concédés à la police sont largement abusifs. La loi ignore le fait que la plupart des téléphones mobiles de nos jours envoient sans interruption des informations de géolocalisation sur chaque individu aux opérateurs ; étant donné que toutes les données de géolocalisation sont conservées en un seul endroit - chez l'opérateur - la police aura accès à des données plus précises, plus  fournies et plus personnelles que jamais par le recours à ces mécanismes de traçage. Le gouvernement mexicain devrait être plus attentif au fait que les opérateurs de téléphonie mobile enregistrent désormais des traces détaillées de nos vies quotidiennes.

Après l'adoption de cette loi, un avocat spécialiste des droits humains, Luis Fernando García, a confié à l'EFF que “les députés mexicains doivent comprendre que la délégation de larges pouvoirs de surveillance, sans garde-fous adéquats, compromet la vie privée et la sécurité des citoyens, et est donc incompatible avec l'obligation qu'il a de protéger leurs droits”.

Des données sensibles de cette nature nécessitent une protection plus élevée et ne doivent pas être rendues disponibles en accès illimité. Les associations examineront tous les recours légaux possibles pour démontrer l'illégalité de la loi. De leur côté, les citoyens mexicains peuvent songer à exiger l'accès aux données que leur opérateur de téléphonie mobile possède sur eux, comme ils en ont le droit aux termes de la loi mexicaine sur la protection des données personnelles.

En Allemagne, un homme politique qui milite pour la confidentialité des données personnelles, Malte Spitz, a eu recours à une loi locale similaire sur la vie privée - qui, comme dans beaucoup de pays européens, donnent aux individus le droit de connaitre quel type de données personnelles les sociétés conservent à leur sujet  - pour obliger son opérateur à révéler les données qu'il possédait sur lui. Le résultat : 35 831 données distinctes récoltées via son usage du téléphone mobile durant six mois, qui révélaient un nombre très important de données personnelles. Pour faire la démonstration d'à quel point ces données sont confidentielles, Malte Spitz a choisi de les divulguer publiquement. Vous pouvez consulter la remarquable carte interactive des données de géolocalisation sur Malte Spitz, si vous ne l'avez pas encore fait.

Il est nécessaire de sensibiliser les législateurs et le grand public à l'importance de systèmes de protection solides des données personnelles. L'EFF fera part de son suivi de la surveillance en ligne et des mobiles au Mexique.
~
Si vous êtes mexicains, l'Autorité de protection des données  a publié une FAQ sur comment demander accès aux données personnelles conservées par les sociétés privées.

Pour aller plus loin : 



TraductionsLire ce billet en d'autres langues:

Malagasy· Mametraka Lalàna Fanaraha-maso Mampiahiahy i Meksika
English· Mexico Adopts Alarming Surveillance Legislation


Wikileaks (Documentaire)

Pour http://videos.arte.tv
(Australie, Allemagne, 2012, 83mn)
ZDF

Tout révéler sans dévoiler ses sources, telle est la philosophie de WikiLeaks. À partir d'interviews de ses principaux activistes, dont celle de son porte-parole Julian Assange, et autour d'une enquête inédite sur le rôle joué par le militaire américain Bradley Manning, seul informateur présumé poursuivi par la justice, ce documentaire raconte l'histoire du site organisateur de fuites et ses dessous.
Entre novembre 2009 et mai 2010, WikiLeaks accède d'un coup à la célébrité planétaire en publiant des dépêches confidentielles diplomatiques ou militaires, notamment sur les méthodes de l'armée américaine dans la guerre d'Irak. Ayant choisi pour relayer ces infos des médias aussi connus que le Guardian, le New York Times, le Spiegel ou Le monde, WikiLeaks se forge une réputation de sérieux. Et si les pouvoirs publics le dénoncent comme dangereux, beaucoup saluent cette nouvelle forme de transparence du journalisme numérique. Quand le rédacteur en chef et porte-parole du site, Julian Assange, est poursuivi par la justice suédoise pour viol et agression, ils sont nombreux aussi de par le monde à soupçonner des accusations montées de toutes pièces pour faire taire un moderne croisé de la vérité. Arrêté en Grande-Bretagne, Assange donne dans ce documentaire sa première interview depuis sa libération sous caution avec obligation de porter un bracelet électronique. Mais la parole est donnée aussi à d'autres acteurs de cette histoire, dont l'ancien associé d'Assange Daniel Domscheit-Berg et les responsables éditoriaux de certains des journaux qui se sont fait l'écho des révélations de WikiLeaks.



DL : 4S , DF , BF , WU

Les Armées Privées dans la Cible

En 2011, on estime à 40 000 le nombre de mercenaires en Irak ou en Afghanistan. Ils escortent des convois à haut risque, protègent des personnalités ou des ambassades et participent même au combat. Mieux payés que les soldats classiques, ils présentent en outre l'avantage de ne pas apparaître dans les statistiques officielles de mortalité au combat. Récusant le terme de mercenaires, ils se présentent comme des renforts pour les armées occidentales, tandis que leurs détracteurs les accusent d'être incontrôlables et d'avoir la gâchette facile. En Afghanistan, en Irak, aux Etats-Unis ou encore à Dubaï, enquête sur ces sociétés militaires privées au rôle de plus en plus important dans les conflits modernes. 
  • Durée : 55 mn
  • - 10 Interdit aux moins de 10 ans


DL : DF , BF

Sissy - March Of The Humans

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51FYhuvgRlL._SL500_AA280_.jpg



http://www.sissytheband.com

http://www.myspace.com/sissytheband





Origine du Groupe : Canada

Style : Trip Hop , Electronic

Sortie : 2012



By Ben Rayner from http://www.toronto.com



Sissy hails from Toronto and already has one superb album under its belt that received international release on a high-profile U.K. electronic label, yet the mysterious downtempo duo is virtually
unknown in its hometown.



To be fair, of course, Sissy is hardly a household name anywhere — which seems a touch unfair, since All Under, its 2006 debut for Global Underground Recordings, was an out-of-the-blue stunner
that not nearly enough people got to hear. The stars might be finally be poised to align in David Trusz and Johanne Williams's favour, however, since their excruciatingly long-in-the-making
second LP is even stronger. If this one gets out to the right audiencesAll Under, it's going to be very tough to ignore.



Fair warning, though: March of the Humans is even grimmer than its predecessor. Coal-black. Mirthless. All Under wallowed elegantly in loneliness and disenchantment while copping a few choice
moves from '90s “trip-hop” but M.O.T.H. is colder, more industrial and far more pessimistic. “It's all a waste/ It's always a waste/ It's all gonna be a waste,” Williams intones in a clenched
monotone on “All a Waste.” “Show me something that you've done right now that's worth believing in,” goes the bridge to “Long Distance,” one of two tracks that perversely enlist a children's
choir for a breathtakingly bleak chorus. Sissy makes it quite clear where it thinks this march is going.



Between Williams's forlornly beautiful voice and Trusz's arresting production, mind you, a spiral into oblivion has rarely sounded this spectacular. Sissy demonstrated on All Under that it could
do dubbed-out wee-hours crooning as well as any of the crews from Bristol whose influences it proudly wore. M.O.T.H., however, brings a harder electro edge and more rousing tempos to the table —
“Imminent Rampage” even proffers a mid-album eruption of driving tech-step drum-‘n'-bass — and is a less draining listen because of it. It appears that dancing at the end of the world comes as
naturally to Sissy as long, dark nights of the soul. Here, Toronto, is your first great album of 2012.





Tracklist :

1 Home

2 Long Distance

3 Acid Cake

4 Fool Around

5 On My Own

6 All a Waste

7 Imminent Rampage

8 Other Ways

9 All of Me

10 Expiry Date

11 Stay

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Fred Mcdowell - The Alan Lomax Recordings

http://images.hhv.de/catalog/detail_big/00243/243809.jpg



https://en.wikipedia.org/wiki/Mississippi_Fred_McDowell

https://en.wikipedia.org/wiki/Alan_Lomax





Origine du Groupe : North America

Style : Blues , Country

Sortie : 2011



By Amanda Petrusich from http://pitchfork.com



In September 1959, Fred McDowell-- an overalls-wearing, stoop-shouldered, Panola County cotton farmer-- picked up an old acoustic guitar and wandered over to his neighbor Lonnie Young's house.
Word had spread that the folklorist Alan Lomax (traveling with the English singer Shirley Collins and a 26-pound, two-track reel-to-reel tape machine) was hunting local artists to record for
Atlantic Records. McDowell, who was born around 1904 in Rossville, Tennessee, had grown up imitating the still-nascent sound of the Delta blues, using an old pocketknife (and then a whittled-down
bovine rib bone, and finally the squat neck of a Gibson's gin bottle) as a rudimentary slide. By the time McDowell, then 55, cornered Lomax on Young's porch, his scope (and his skill) had
broadened, and the sound he made-- a mesmerizing, groove-based blues that both nodded to and defied his Delta predecessors-- instantly captivated Lomax, and eventually the world.



Fred McDowell: The Alan Lomax Recordings (available as a download through Global Jukebox, the Alan Lomax Archive's digital imprint, and on LP via Mississippi Records) opens with Bukka White's
"Shake 'Em on Down", a song that McDowell appears to enjoy playing more than he enjoys breathing or eating or maybe doing anything else at all.  Following Lomax's prompt-- "1, 2, 3, go," he
commands in his high, nasal voice-- McDowell locks into a heavy, propulsive groove, while his sister, Fanny Davis, blows into a homemade kazoo that Lomax, in The Land Where the Blues Began,
described as "a fine-toothed comb wrapped in toilet paper" (it sure is loud). "Shake 'Em on Down" is a bracing introduction to the cadence of North Mississippi Hill Country blues: McDowell's
guitar is disorienting and relentless, so rhythmic and mind-bending that if you were to, say, listen to it while driving down a dark road in the rain, you'd likely veer off into a ditch (and then
feel relieved). Davis' kazooing-- itself vaguely lawless-- provides a welcome counterpoint (it's like staring at a fixed point on the horizon while trying not to vomit over the side of a boat),
while Miles Pratcher (of the excellent local square dance band the Pratcher Brothers) assaults a second guitar. The result is mystifying and spectacular.



McDowell's rendition of "Good Morning Little Schoolgirl" (a deeply fucked-up-- if not particularly uncommon-- ode to little girls, made famous, first, by Sonny Boy Williamson, and then again by
the Grateful Dead) is more of a showcase for his nimble guitar work than any rogue sexual proclivities. McDowell's muted delivery of the lyrics ("Good mornin' 'lil school girl/ Can I go home, can
I go home with you?/ Tell your mama and your papa/ Lord, I'm a little school boy, too") is merciful; he's politely disinterested, if not fully disengaged. McDowell reserves his howls of longing
for slightly less uncouth fare, like "Worried Mind Blues", an unrequited love song he imbues with legitimate anguish ("You make me weak and you make me moan," he groans, sounding broken). Mostly,
though, the rhythm is the thing: With his twangy, piercing strums, McDowell establishes himself as a singular player, infinitely more interested in the transcendental than the germane. Somehow,
he manages to make the acoustic guitar-- that purveyor of sweet lullabies!-- sound menacing, not familiar.



After McDowell was featured on one of Lomax's Sounds of the South compilations, he enjoyed considerable acclaim outside of north Mississippi (the timing was right with the folk revival of the
1960s gathering steam) and more than a dozen solo LPs, although none approaches the looseness of his first session for Lomax. In 1971, the Rolling Stones covered McDowell's "You Got to Move" for
Sticky Fingers; it's a sluggish and deliberate rendition, and Jagger's approximation of McDowell's worn, scratchy voice feels both flat and affected. A year later, McDowell died of stomach
cancer; his body, swaddled in a silver lamé suit (a gift from the Stones), is buried at the Hammond Hill Baptist Church, near Como, Miss. Supposedly, Bonnie Raitt-- a guitar student of
McDowell's-- paid for a new headstone after the original misspelled his name.



It's awfully easy to approach archival releases-- and field recordings, especially-- with a detached reverence, at least in part because they were rendered spontaneously on front porches and in
backyards, miles from the formal, self-conscious fussing of the recording studio. Consequently, any and all fidelity issues tend to be heard as sepia-toned, "atmospheric" snafus (oh, crickets!);
judgment is clouded by access, and we feel lucky-- embarrassed, even-- to be privy to these odd little moments at all. Accordingly, what's most remarkable about The Alan Lomax Recordings is its
spectacular re-mastering job (per the Portland-based engineer Timothy Stollenwerk); now, it's possible to divorce these songs from their contexts long enough to be properly flabbergasted by
McDowell's hypnotic, eager performance (although, should you get curious, the collection is also beautifully annotated by Arhoolie Records' Adam Machado and the Lomax Archive's Nathan Salsburg).
None of these tracks was previously unreleased (all have appeared, in one form or another, on various compilations, many long out of print), but The Alan Lomax Recordings still feels revelatory--
and for his part, McDowell still sounds spectacularly alive.





Tracklist :

01. Shake 'em On Down (2:45)

02. Good Morning Little Schoolgirl (2:58)

03. Keep Your Lamps Trimmed And Burning (3:11)

04. Fred McDowell's Blues (4:14)

05. Woke Up This Morning With My Mind On Jesus (3:18)

06. Drop Down Mama (2:53)

07. Going Down To The River (5:04)

08. Wished I Was In Heaven Sitting Down (2:11)

09. When The Train Comes Along (2:52)

10. When You Get Home Please Write Me A Few Of Your Lines (3:25)

11. Worried Mind Blues (3:36)

12. Keep Your Lamps Trimmed And Burning (Instrumental Reprise) (0:34)

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The Secret Whistle - Capturing Something

http://f0.bcbits.com/z/31/88/3188898687-1.jpg

http://www.myspace.com/thesecretwhistle





Origine du Groupe : North AMerica

Style : Electronic , Downtempo , Abstract Hip Hop

Sortie : 2011



From http://www.electronicsoundscapes.com



The Secret Whistle are an instrumental electronica duo based in Oregon U.S.A.



With over 40 recordings under their belt in a few short years, Dan Friedman and Forest Gallien combine subtle elements of hip-hop, lo-fi retro, dub, ambient, and electronica into a unique
synthesis of experimental organic sounds and textures, using various recording methods unique to their genre such as recording and looping live drum samples, layering multiple live bass tracks
over each other, and manipulating samples from old vinyl records.



Backstroke Into The Next Galaxy is the opening tune for Capturing Something. Atmospherically enriched vinyl scratchy bass lines and retro soundscapes, support the ideal introduction to the
album’s direction.



Escalating vinyl sweetness and masterfully crafted piano verses unfurl in Candy Coated Intelligence, enveloped by enigmatic voices murmuring melodically. More solid beats are about to take
over.



Lying and Creativity bridges the album towards a more emotional and upbeat direction. Retaining the analogue vinyl coating, gradually builds up to an emotional crescendo, counter balanced by the
soft and deep bassline.



Deepening the tempo and steadying the pace, Moon Top Mountains, immerge the senses over a dreamy mountain top panoramic view, taking the listener to deeper Secret Whistle soundscapes.



Keep on riding relaxed emotional sound waves, Particularly Striking introduces yet another direction of the album. Steady and clear electronic trip hybrid beats and thought provoking samples set
the pace.



Still wrapped on vinyl goodness, Capable of Flight open wings and combines all The Secret Whistle elements introduced to the album up to now.



Bent Minds steps down the pace and gears up on emotional content. A deeper dive into the more emotional side of the album. Melancholic electronica meets organic instrumental atmospheres.



Trip hybrid, beat driven Back into Sleep wears a tricky hat as the title contradicts the track . Its hard to go back to sleep with its magnetising bass line and sharply manipulated samples. Yet
another Secret Whistle style variant, setting a more night time but still atmospheric pace.



Keeping on a night time ride, Shadow Act V punches in with smart samples and animated bass lines. Future retro timeless electronica. Watch out for the shadow !



Touching ground Perdido, is a sentimental masterpiece. Melodic strings and misty snares gradually take the listener out of the night time pace of Shadow Act V.



Prison captures the senses. Floating organic strings interlude between the album’s story telling flow and Capturing Something.



Capturing Something is an amalgamation of all The Secret Whistle’s elements and soundscapes introduced in the album. Tranquil and groovy, serene and dynamic, this track rightfully deserves the
album’s title.



Keeping an ace up the sleeve for the last track, The Mind Vacuum kicks off with a long intro and develops to a deep yet minimal masterpiece, encapsulating the album’s essence.



After releasing 2 E.Ps and 1 full length album, “Capturing Something” is the group’s first full length album on Electronic Soundscapes, showcasing the most mature Secret Whistle sound up to
date.



Live triggered electronica and real played music instruments meet vintage vinyl soundscapes and layers of organic bass driven samples.





Tracklist :

01. Backstroke Into The Next Galaxy (2:26)

02. Candy Coated Intelligence (2:59)

03. Lying & Creativity (3:28)

04. Moon Top Mountains (3:31)

05. Particularly Striking (3:24)

06. Capable Of Flight (4:14)

07. Bent Minds (3:24)

08. Back Into Sleep (3:19)

09. Shadow Act V (3:28)

10. Perdido (4:26)

11. Prison (3:31)

12. Capturing Something (4:17)

13. The Mind Vacuum (3:55)

 

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Gonjasufi - MU.ZZ.LE

http://static.nme.com/images/gallery/GonjasufiMuzzle600Gb190112.jpg



http://www.sufisays.com

http://www.myspace.com/gonjasufi





Origine du Groupe : North America

Style : Electro , Indie , Psychedelic

Sortie : 2012



By Nate Patrin from http://pitchfork.com



Gonjasufi's 2010 release A Sufi and a Killer succeeded largely on the strength of an engagingly odd presence: the simultaneously croaky and sweet voice of Sumach Valentine, which sent initiates
scrambling to identify fellow travelers, from Captain Beefheart to George Clinton to John Fahey. It stood up as a strong example of psychedelic rock rewired for an audience more attuned to
Madvillainy than The Madcap Laughs. But it still scanned a bit more like a shared vision than an individual voice: The album was just as much a revelation for the Gaslamp Killer, who helmed the
bulk of the production and laid down his own mark with a sprawling slate of beats that complemented Valentine's vocalizations.



When the album that introduces a unique vocalist to a newly expanded fanbase also happens to do the same for its equally distinct producer, you wonder how each will fare on his own. If last
year's freebie 9th Inning EP was a catch-up session of self-created, unreleased older tracks meant to remind newer fans of his broader repertoire, MU.ZZ.LE scans like a means to transition from A
Sufi and a Killer's multiple-identity psych into more personal territory. And it does this in a way that reinforces what made that previous album great.



Gonjasufi and fellow San Diegan noise-break purveyor Psychopop have centered their production around a codeine-paced, heavy-headed swoon that still manages to bristle with an undercurrent of
stress. Psychopop handles beats for four of the 10 cuts, and their half-speed wooziness is like the musical equivalent of the slow-motion running you might experience in an unsettling dream. The
headswimming electric piano blues of "White Picket Fence" and the loping, pendulous guitar in "Feedin' Birds" set the pace, ethereal as it is, and get a surprising amount of pull from their
downtempo floatiness. But Gonjasufi's own production is just as steeped in dubbed-out, crumbly atmospherics. The bass in "Venom" glows and throbs, peppered with a jingling percussion timbre
halfway between a tambourine and a handful of change. "Blaksuit" sounds like a vintage funk 45 flipped to 33, its twangy loop pacing back and forth like a half-finished thought. And even when the
snares pop, as they do on "Nikels and Dimes", they do so through a thick coating of resin and ash.



If you think that means MU.ZZ.LE is a passive, inert slog of an album, keep in mind that every trudging, straining step of the way is cut through with Gonjasufi's voice, which is still a hell of
a thing. The unconventional cast of his voice might be Valentine's most immediately recognizable trait, but it's not his deepest. Every last creaking wail, blown-out mutter, and wounded drone is
heavy with reflection, and after a few listens it all starts to sound less like altered-mind eccentricity and more like raw, unfiltered feeling. For all the talk about shroomed-out weirdness and
otherworldly mysticism that's surrounded his music, there's a more crucial sense of a real, laid-bare emotional core here.



All those shaky notes and half-intelligible murmurs disintegrating into decaying echoes might run parallel to an oddball Lee "Scratch" Perry sensibility, but they evoke frustration and dejection
vividly. The words aren't always clear through the fog of reverb, though this might be by design, some statement on how the plain truth of honest words can be sometimes hard to understand. But
the agitated sentiments remain clear, whether castigating against the abuse of privilege in "Nikels and Dimes" or straining to maintain an interpersonal connection on "Rubberband". When Sumach's
wife April has a wraithlike torch-singer turn in the second half of "Feedin' Birds" and distantly doubles up his lead on "Skin", it's to act as a sweetly voiced counterpart to lyrics that allude
to guilt, death, and a search for love. And when the funereal lo-fi new wave of "The Blame" emerges near the end of the 24 1/2-minute running length, it's the late peak of a record that wrings
out a devastated man's crisis of consciousness-- "You say I'm not supposed to kill/ Keep walking with my head high/ But every time I go somewhere/ I feel the dread inside their eyes." MU.ZZ.LE
might be a transitional point on Gonjasufi's path and it shows just one face of an eclectic, multifaceted performer. But it's also that rare album that feels meditative and cathartic all at
once.





Tracklist :

01. White Picket Fence

02. Feedin’ Birds

03. Nikels and Dimes

04. Rubberband

05. Venom

06. Timeout

07. Skin

08. The Blame

09. Blaksuit

10. Sniffin’

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Holdcut - Rozmowy

http://f0.bcbits.com/z/29/09/2909388115-1.jpg

http://holdcut.blogspot.com

http://www.myspace.com/holdc





Origine du Groupe : Poland

Style : Abstract Hip Hop , Trip Hop , Néo-Classical

Sortie : 2012





From http://holdcut.blogspot.com



After many trials, finally made it! We present the fourth artist album Jack "Holdcuta" Zgutczyńskiego - "TALK". The amazing graphic design corresponds to Jaroslaw "JarOO" Klechowicz
(www.jaroo.pl)

The whole consists of 10 tracks, lots of improvisation.





Tracklist :

01. Replacement

02. Way (feat. Duże Pe)

03. Lost

04. Differences

05. Death-Hand

06. Alone Snow

07. Maybe

08. Dreamland

09. Changed

10. U Were Here

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Tab & Anitek - Project Monarch LP

http://2.bp.blogspot.com/-KPwIkFeTc4g/TxclumvjMSI/AAAAAAAAFMs/MBM_sPhxTaE/s320/%255BDWK117%255D+Tab+%2526+Anitek+%25E2%2580%2593+Project+Monarch+%2528LP%2529.jpg



http://www.jamendo.com/en/artist/Tab

http://www.myspace.com/anitek123





Origine du Groupe : North America , Switzerland

Style : Abstract Hip Hop , Trip Hop , Experimental

Sortie : 2012





From http://dustedwax.org



Tab & Anitek teamed up, passing ideas online back and forth between the US and Switzerland. The result is a captivating blend

of intelligent styles that plays out like the soundtrack to a science fiction novel.





Tracklist :

01 - Merlot Downer

02 - Dormouse

03 - Computer Bug

04 - BlueBird

05 - Moloko Plus

06 - ArtiChoke

07 - UnderDub

08 - The Ludovico Technique

09 - Sleeper Agent

10 - ChatterMask

11 - Wolf Messing

12 - Operation Paperclip

13 - Ataxia

14 - Empire of The Ants

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Blazo - Reflections

http://f0.bcbits.com/z/37/67/3767715818-1.jpg


http://www.myspace.com/blazo2ndsight





Origine du Groupe : Poland

Style : Abstract Hip Hop

Sortie : 2012





From http://blazo.bandcamp.com



"Blazo - Reflections". An album which is a continuation of Alone Journey.

Have been inspired by a great man and my master - Nujabes!

I hope you'll all like my thoughts and reflections, as I give you them in this piece of music!

Thank you all for your support!!





credits

    released 20 January 2012

    Produced & Mixed by Blazo

    Recorded & Mixed at Evolution Studio

    Mastered by Blazo

    Scratches by Blazo

    Vocals by 49'ers, Nieve, CL





Tracklist :

01 – New Beginning

02 – The Influence

03 – Heartbeat ft. Nieve

04 – Reality Check

05 – Lucid Dream

06 – Dock Ellis ft. 49ers

07 – Flute Story Two

08 – Reflections

09 – Notes ft. CL

10 – Metamorphosis

11 – Little Piano Two

12 – Cure

13 – Pressure ft. 49ers

14 – Improvise

15 – Rising

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Hazmat Modine - Cicada

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiYemDV8z0QD16qaaAWpG6IpfpKelRQs51HSsVZqlPCTKtn-2lTXZYA73I1cEBMW6mHJYE0LoyXGkEgPzAkMJQ4pwcEsclPWVDBpnm-VER2ZIqX2ay76azaEPyqM_ttfbSirb4gprHp6e_3/s640/Hazmat+Modine..2011+Cicada...folder.jpg



http://hazmatmodine.com

http://www.myspace.com/hazmatmodine





Origine du Groupe : North America

Style : Blues , Indie , Jazz Fusion

Sortie : 2011



By Robin Denselow  from
http://www.guardian.co.uk




Hazmat Modine are a maverick New York band who are shifting from Americana to global influences with remarkable results. Founded by singer-songwriter, guitarist and impressive harmonica-player
Wade Shuman, they are distinctive both because of their range and their line-up: two harmonicas are matched against a three-piece brass section, guitar, steel guitar and percussion. The songs
here are often blues-based, but always different; the opening Mocking Bird starts like a slow work-song and builds into rousing, harmonica and brass-backed folk-blues, while Two Forty Seven is a
finger-clicking burst of brassy R&B, and the title track is an exercise in poetry and blues. The cover songs are equally original, and include a cheerful, spoken treatment of Irving Berlin's
Walking Stick and the harmonica-backed 70s soul of I've Been Lonely for So Long. But the collaborations are even better, with Kronos Quartet adding their strings to the cheerfully rhythmic blues
Dead Crow and Benin's Gangbé Brass Band bringing African jazz influences to Cotonou Stomp and the slinky Child of a Blind Man, where Natalie Merchant provides lead vocals. A brave and unexpected
record.





Tracklist :

01. Mocking bird

02. Child of a blind man

03. Two forty seven

04. Cicada

05. Buddy

06. In two years

07. I’ve been lonely for so long

08. The tide

09. Ebb tide

10. Walking stick

11. So glad

12. Cotonou stomp

13. Dead crow

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DJ DemonAngel - Jazz Vibrations 1.0

Cover-copie-11.jpg



http://bbpiratesradio.over-blog.com





Origine du Groupe : V.A

Style : Jazz , Compilation

Sortie : 2012





Tracklist :

01 - Zara McFarlane - Feed the Spirit (The Children and the Warlock)

02 - Tom Harrell - Modern life

03 - Sinto - Cosa Rica

04 - Mikromusic - Bo mi

05 - Tok Tok Tok - Being for the benefit of mr. Kitel

06 - William Parker - Raining on the Moon

07 - Soil & Pimp Sessions - Sea of Tranquility

08 - Laïka Fatien - Visions

09 - Muzykoterapia - Love Haunting

10 - Terri Lyne Carrington - Magic And Music

11 - Nicola Conte - Love and Revolution

12 - MGT - Icarus

13 - Nikki Yanofsky - At Last

14 - Jerry Gonzalez Y Chano Domingu - Cómo Fue

15 - Terje Rypdal - Bleak House

16 - The Omer Avital Group - Ballad

17 - Nina Simone - Four Women

18 - Brassroots - Seven Nation Army

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Detektivbyrån - Wermland

http://img.noiset.com/images/album/detektivbyran-wermland-cd-5380.jpeg



http://www.detektivbyran.net

http://www.myspace.com/detektivbyran





Origine du Groupe : Sweden

Style : Electro Pop

Sortie : 2008





From Wikipedia
:




Wermland is the second album by Detektivbyrån released on the bands own label Danarkia. In contrast to the band's debut/compilation album E18 Album, Wermland features only new content. Prior to
the album being available for purchase, the band made the songs "Om Du Möter Varg" and "Neonland" available on their website. During the autumn of 2008 the album reached the third place in the
Swedish charts of album sales .





Tracklist :

1. Om Du Möter Varg

2. Kärlekens Alla Färjor

3. Honky Tonk Of Wermland

4. Rymden I En Låda

5. Generation Celebration

6. Life/Universe

7. Neonland

8. Hus Vid Havet

9. Partyland

10. Camping

11. Sista Tryckaren

12. En Annan Typ Av Disco

13. Dygnet Runt

14. 054

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